Karine Espineira, une transsexuelle militante

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Transgenre, transsexuel ou transidentité ? A l’occasion de la seconde édition de la semaine du genre à Nice, Karine Espeneira évoque ce mercredi les identités alternatives. Transsexuelle et féministe, elle rejette les discriminations dont elle est victime.« Tout ce qui est hors de la norme sociale est cantonné à la marge ». Le discours de Karine Espineira est celui d’une scientifique. Dans le cadre de la semaine du genre à Nice, cette doctorante anime une table ronde mercredi à l’espace des associations de la place Garibaldi. Plus que cela, elle livre son quotidien de transsexuelle.

Au milieu des années 90, cette niçoise subit une opération pour changer de « genre social ». Sa voix et son physique ont alors été transformés. Plus que cela, c’est sa vie qui a été bouleversée. Pourtant, elle ne renie pas son passé. « Je ne suis pas née le jour de mon opération comme disent beaucoup de trans  » explique-t-elle. A ce moment là, elle rencontre Maude Thomas, également transsexuelle, qui l’accompagne dans sa vie sentimentale et militante.

Fière d’être transidentitaire

A 44 ans, Karine ne cache pas ce qu’elle est. Loin de là, elle a fait son « coming trans » dans les années 90. Et avoue « s’en ficher si cela dérange ». Pourtant, elle est victime de moqueries et raillée dans des conférences. « Dans beaucoup de secteurs, je reste un sujet exotique » indique Karine Espineira. Mais elle s’estime heureuse car « cela ne se voit pas trop. Mais j’ai rencontré des personnes qui se sont faites agressées pour leur physique ».

Son quotidien est toujours semé d’embûches. Lorsqu’elle remplit des papiers administratifs, cette trans d’origine chilienne voudrait cocher la case « autre ». Et ainsi « sortir de cette représentation binaire des genres ». Plus que cela, elle souhaite que chaque individu soit propriétaire de son état civil, comme en Argentine. Avant d’ajouter « je ne serai jamais la vraie femme que la société attend de moi ».

Sandra Cazenave