Karaté – Jean-François Gomis, le passage de témoin

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A presque 50 ans, Jean-François Gomis a toujours le geste juste.

Vice-champion du monde en 1995 et multiple médaillé aux championnats de France et d’Europe dans les années 90, Jean-François Gomis a marqué l’histoire du karaté français. Aujourd’hui exilé à Nice, il transmet avec brio toute son expérience. Portrait.

Elégant, une petite écharpe autour du cou et un blouson cintré. Jean-François Gomis et sa carrure impressionnante en imposent. C’est avec un large sourire et très gentiment qu’il accepte de troquer sa tenue de ville contre le kimono pour une petite démonstration. Première impression : celui-ci n’a rien perdu de sa vivacité et de sa précision. Devenu entraîneur au Nice Elite Sport, club de son ami Christophe Pinna, il savoure sa reconversion. Une passion dévorante pour le combat qui n’a pas pris une ride.

« J’ai de suite accepté l’invitation de Christophe »

Depuis ses débuts, Jean-François Gomis a passé le plus clair de son temps sur Paris. Puis est venu l’exode vers le soleil. « J’en avais assez de la grisaille parisienne. Nice est une ville très sportive, je n’ai donc pas perdu l’habitude de faire beaucoup de sport en arrivant ici. C’est forcément agréable d’aller courir avec un climat pareil », assure-t-il.

S’il a quitté la compétition il y a une quinzaine d’années, l’appel des tatamis était trop fort pour définitivement poser une ceinture noire qui lui sied si bien. Alors quand son ami Christophe Pinna l’appelle pour rejoindre son club, il « accepte sans le moindre soupçon d’hésitation. » Une amitié notamment née alors que les deux monstres du karaté se faisaient la guerre. « Il est un peu plus jeune que moi. Il voulait prendre ma place. A l’époque j’étais l’homme à battre. Nous étions concurrents mais nous sommes toujours restés amis. Derrière il a eu la carrière qu’on lui connait» s’amuse Jean-François. Aujourd’hui, il n’est plus question de rivalité. Au contraire. Il faut amener des jeunes au niveau qu’eux ont pu atteindre il y a près de vingt ans.

Un formateur hors-pair

Son rôle au sein du Nice Elite Sport est très clair : transmettre son expérience. Et il le fait très bien. En témoignent les résultats obtenus par les jeunes talents qu’il a pris sous son aile. La jeune Manon Fiorot a rejoint l’Equipe de France cette année. Flavie Rossi a elle remporté la Coupe de France Junior à Paris le 30 novembre dernier. Entraînées par Jean- François Gomis, elles prouvent que celui-ci contribue grandement au bon développement du karaté français. Avec la complicité de Sonia Fiuza, ancienne championne tricolore, il s’attelle à rendre le karaté niçois visible jusque sur la scène européenne. Et ça marche.

Les 220 membres que compte le club savourent également cette opportunité. Etre entraîné par de tels phénomènes, ce n’est pas donné à tout le monde. « J’ai appris le palmarès et la carrière de Jean-Christophe après être arrivé ici. Evidemment c’est impressionnant. Et ça aide beaucoup. Je suis conscient d’avoir énormément de chance, » se réjouit Maxime Sabatier, débutant dans la discipline.

N’est-il pas logique de transmettre un tel savoir-faire après avoir connu la gloire ? C’est en tout cas ce pourquoi se bat Jean-François Gomis aujourd’hui. Un combat que personne ne pourra l’empêcher de gagner.

Julien Balidas