JPO – Quand local et national ne font qu’un

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Les grandes chaines nationales implantent des rédactions locales dans toute la France. Un moyen de gérer l’urgence dans l’instantanéité mais surtout de réaliser des audiences plus fortes grâce à la proximité. Alors comment les rédactions locales et nationales collaborent elles ensemble ? Pour un journaliste en herbe, faut-il favoriser l’une ou l’autre ?

« On n’est pas plus con ici qu’ailleurs » proclame Jean-Bernard Vitiello, présentateur du journal de France 3 Cote d’Azur quand on lui demande pourquoi avoir fait le choix de travailler en local. Le présentateur n’a pas sa langue dans sa poche, posé mais ferme dans ses convictions il nous explique avec une perspicacité certaine que travailler en national « gonfle l’égo » mais ne différencie pas un bon journaliste d’un mauvais. Au contraire, dans la sphère du journalisme parisien, il est plus facile de tirer son épingle du jeu avec des sujets locaux, plus originaux : « Je ne sublime pas le National, le métier est le même partout ! »

Local, national : même combat

France 3 championne toute catégorie de l’information locale en est l’exemple type. Le siège national de la chaine se trouve évidement dans le centre de la capitale. Elle accorde un créneau de décrochage d’antenne à chacune de ses agences locales. 40 minutes journalières, midi et soir, consacrées à l’information régionale. Un timing serré et plus difficile à maitriser que le national. Sur la Côte d’azur, l’actualité a souvent une résonnance nationale : festival de Cannes, Grand prix de Monaco… Un reportage peut donc aussi bien être diffusé au national, qu’au niveau local. Mis à leur disposition : le Spider, un outil intranet permettant de catapulter les reportages locaux au service des grandes en un instant. Pour acquérir les droits de diffusion d’un reportage, les chaines concurrentes doivent mettre la main au porte monnaie et racheter les images via une banque de donnée : Info Vidéo 3.

Alerte : profession en danger

Autre méthode utilisée par les grandes rédactions : l’art du recyclage. On refait du neuf avec de l’ancien. France 3 Paris reprend les reportages locaux en supprimant les voix off et certaines séquences pour les réadapter et leur donner une portée plus nationale. Ce journalisme dit de « cabine » tue la profession. Adieu le terrain, bonjour le studio et la chaise de bureau. Cette nouvelle ère de journalisme subit les contraintes de l’immédiateté imposées par les chaînes d’information continue. Pour Jean-Bernard Vitiello : « En régional, c’est encore du vrai journalisme de terrain ». Paris, le centre de la France « Avec l’autorité parisienne, nous ne sommes pas maitre de notre antenne » Ajoute-t-il. Des chaines, comme France 3, favorisent parfois une équipe parisienne plutôt que d’utiliser ses journalistes employés sur place. Le but : obtenir un contexte plus national et éviter les détails trop provinciaux. Une façon de prendre du recul. France 3 réalise ses meilleures audiences lors de la diffusion du 19/20 régionale, elle passe même devant la chaine des chaines : TF1. Mais le marché de proximité va être empiété par une nouvelle chaine de la TNT locale : Nice Azur TV… Une rude concurrence pour France3.

Audrey NICOLAS & Jean-Henri GARELLI