JPO – Le journalisme : une deuxième carrière de sportif

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Beaucoup de sportifs de haut niveau se reconvertissent en consultants. Pourtant aucun n’a suivi de formation journalistique. Mais leur image est une réelle plus-value pour les médias. Une question se pose : les consultants pénalisent-ils les journalistes de formation ?

Everson, l’emblématique milieu de terrain de l’OGC Nice, est aujourd’hui consultant pour la WebTV du Gym. Comme de nombreux footballeurs, l’ancien milieu brésilien s’est reconverti dans le journalisme sportif après sa carrière de footballeur. Mais il avoue n’avoir suivi aucune formation. « Evi » a profité de la bonne image qu’il a laissée chez les Aiglons pour obtenir un poste dans le média du club. Et pourtant Everson n’a jamais eu de vocation à devenir journaliste : « Je n’avais pas imaginé faire ce métier. Le club me l’a proposé quand je suis revenu à Nice et j’ai accepté ». Et comme tous les autres sportifs, « Evi » n’a reçu aucune formation. Il a appris sur le tas. En choisissant un ancien joueur du club, le GYM a misé sur la notoriété du brésilien plutôt que sur ses compétences journalistiques. De plus en plus de médias optent pour la même stratégie. Les exemples sont nombreux : Bixente Lizarazu sur TF1, Emmanuel Petit sur France 2, Christophe Dugarry sur Canal Plus, Luis Fernandez sur RMC…

« Moi j’y crois »

Pierre Dévoluy ancien animateur et grand reporter pour RMC assure que certains sportifs sont compétents en tant que consultants : « Moi j’y crois, il y en a qui sont vraiment compétents, qui font une véritable deuxième carrière ». L’ancien rédacteur en chef de Jeune Afrique affirme cependant que certains ne font ça que pour l’argent : « Ceux-ci ne sont que des journalistes de prétexte. Ils ne sont pas intéressants ». Pour Pierre Dévoluy, la personnalité du sportif est un élément déterminant pour cette reconversion. Même si pour lui ils ne sont compétents que dans leur sport de prédilection, les sportifs ont quelque chose de plus que les journalistes : « ils ont l’esprit de compétition, l’appréciation de l’effort des autres, ils sont encore dans le milieu ». Les sportifs sont donc un réel apport pour les rédacteurs. Pierre Dévoluy se dit « pour » ces consultants. Mais il ne veut pas que les médias ne recrutent que sur la notoriété : « Il ne faudrait pas que ça vire au spectacle. Beckham par exemple, ne doit pas être recruté par une télévision simplement parce que c’est Beckham ».

Antony Correia