JPO – Journaliste, entre fiction et réalité

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Figure incontournable du cinéma moderne, le journaliste dispose d’une image fantasmée. Les contraintes actuelles inhérentes à la profession ramènent cependant le journaliste à une conception plus sobre de son métier.

Daniel Craig dans Millenium, Johnny Depp dans Rhum Express ou encore Jake Gyllenhaal dans Zodiac : le journaliste a la côte au cinéma.  Souvent forte tête, la quarantaine, solitaire à la vie décousue, téméraire et sans attache affective, il se substitue à la police pour résoudre des enquêtes. La déception amoureuse prend une part importante, dans le stéréotype du journaliste au grand écran. Battant au cœur battu, brisé sentimentalement, le journaliste se réfugie dans son travail. Il est le héros romantique par excellence du XXI° siècle. Dans l’imaginaire collectif au cinéma, le journaliste a un peu remplacé l’agent secret. Lui aussi mène des enquêtes. Il est bien plus ancré dans le réel. Au siècle des médias et de la communication, plus que quiconque, il joue un rôle essentiel dans notre société. Il en est même pour ainsi dire le symbole.

Une vérité moins glamour

Cependant, la réalité du métier de journaliste est toute autre. Loin du mythe entretenu par le cinéma actuel, son quotidien s’inscrit avant tout dans l’ordinaire. En mutation, voire en crise, la situation du journaliste est ambiguë. Il doit faire cohabiter devoir d’informer et nécessité de gagner sa vie. Dans un même temps, la captation d’une information neutre et objective est rendue difficile par le commerce de celle-ci. Enfin les notions de rentabilité et de vitesse de traitement de l’information ont fait leur apparition, faisant des journalistes des sortes d’ouvriers des usines modernes. Georges Marion, journaliste et auteur de Profession « fouille-merde » : un journaliste dans les coulisses des affaires, définit mieux que quiconque les enjeux véritables du journalisme moderne. « Je m’imaginais le monde de manière moins aigu qu’il ne l’est vraiment. Pour moi, il y avait le blanc et le noir. Mais je me suis rapidement rendu compte que le noir et le blanc est dépassé par le gris. Et l’investigation fait que vous vous colletez à la réalité du gris ».

Tim Siffredi et Robin Barbier