Journaliste-radio, un métier d’exception

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Yann Seller, journaliste, présentateur, reporter, à Chérie FM Avignon.

«Journaliste-radio: la pression tu ne connaîtras»

Votre parcours ?

J’ai fait mes études à Studio école de France à Paris, une école de Radio. J’y ai appris la technique, la réalisation, l’animation et le journalisme. Ensuite, après plusieurs stages, j’ai intégré le Groupe NRJ à Caen, Béziers puis Chérie FM Avignon depuis 15 ans.

Comment vous décririez votre métier ?

Je suis journaliste, présentateur, reporter et je ne vais pas oser dire réalisateur et technicien, mais j’ai connaissance de tout le matériel puisque le journaliste-radio doit travailler avec des logiciels de montage, des consoles assez sophistiqués etc.

Quelles qualités faut-il avoir pour faire ce métier?

Il faut des qualités de reportage et de lecture à l’antenne. C’est primordial. Le journaliste-radio doit aussi être à l’épreuve de la pression parce qu’il a la responsabilité de toute une antenne locale. Ensuite, il tient une mission de relation publique. Il représente le média pour lequel il travaille. On dit qu’à la radio on peut venir avec un jean’s troué. Non. Car si dans la journée tu dois rencontrer le maire d’Avignon, tu ne dois pas être négligé.

Votre journée type ?

J’arrive à 5h tous les matins. Je prépare mes flashes de la matinée. J’en ai toutes les demi-heures de 6h à 9h. Ce ne sont pas les mêmes durant toute la matinée, je les retravaille pour que l’auditeur ne se lasse pas, et je suis l’actu du jour. Ensuite je pars en reportage où je fais les interviewes. Le vendredi j’ai une chronique appelée l’agenda. J’y donne les rendez-vous culturels du week-end.

Où vous imaginez-vous dans 10 ans ?

On ne sait pas de quoi l’avenir sera fait. Si tout reste à peu près normal je serai encore à Chérie FM Avignon. On est dans une belle ville, dans le Sud de la France, J’ai construit ma vie ici, avec ma femme et mes enfants. Tout va assez bien. Après on sait jamais, si j’étais amené à changer de ville, je pense que c’est possible de le faire au sein du Groupe.

Pierre-Louis Castelli, Grand Reporter, journaliste sportif, présentateur à France Inter, journaliste à France Bleu et professeur à l’EDJ.

«Faites de la radio, c’est l’un des médias les plus beaux. Parce qu’on fait rêver des gens qui n’assistent pas à ce qu’on a la chance de voir»

Qu’est-ce qu’un Grand Reporter ?

C’est un métier où il faut toujours, toujours, toujours être présent. Un reporter ne sait jamais ce qu’il va faire dans la journée. Par exemple, aujourd’hui (le mercredi 14 mars), le reporter de Lyon est parti en Suisse se rendre sur les lieux d’un accident d’autocars qui a coûté la vie à 22 enfants. C’est l’actualité qui dicte ses journées. Il peut très bien avoir deux sujets à traiter par jour comme aucun.

Faut-il avoir le goût du voyage ?

Oui. Il peut rester à la radio y faire ses papiers, soit partir 10 jours à Haïti, deux semaines en Égypte, ou couvrir un match de football. C’est ça qui est passionnant. Mais présentateur, c’est bien aussi. Tu mets en valeur le travail des autres. C’est enrichissant.

Vous êtes aussi journaliste sportif. Est-ce le sport qui vous anime ?

Le top, c’est le grand-reportage de sport. C’est grâce au sport que j’ai progressé et que j’ai gravi les échelons dans l’entreprise où je travaillais. Le journaliste sportif doit savoir tout faire, écrire des papiers et passer à l’antenne.

«Maintenant, je transmets mon savoir»

Pourquoi être devenu professeur à l’EDJ ?

C’est important de se remettre en question, et de rencontrer des jeunes. C’est intéressant puisque je transmets « un savoir ». J’essaie de leur expliquer mon travail, de les faire progresser. Mon cours est très particulier par rapport à un cours de Fac, c’est différent et très varié.

Quelles sont les qualités indispensables du journaliste-radio ?

Pour être un bon journaliste-radio, il faut savoir s’exprimer correctement, être polyvalent, travailler vite et avoir une bonne culture-générale. Ne pas s’intéresser qu’au sport mais à tout, à la politique, à l’économie et savoir retranscrire l’info. Et surtout, ne pas compter ses heures. On ne sait jamais à quelle heure on commence une journée ni à quelle heure on la finit.

Un conseil aux jeunes qui veulent se lancer dans ce métier ?

Faites de la radio, c’est l’un des médias les plus beaux. Parce qu’on fait rêver des gens qui n’assistent pas à ce qu’on a la chance de voir.

Propos recueillis pas Christopher Lebranchu