Jouets : a quand les super-héros derrière les fourneaux ?

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Certaines enseignes ont décidé de couper court aux stéréotypes des jouets pour garçons et filles. Ils ont présenté un catalogue mixte. A Nice, le cliché subsiste toujours. Les mentalités sont-elles prêtes à évoluer ?

 D’un côté, rose, d’un côté bleu. Les rayons sont facilement repérables. Dinettes, ménagères, poupées font face aux camions, super héros et circuits de rallye automobile. Rien ne semble avoir changé depuis longtemps. « Il n’y a pas de mixité dans les rayons, à part tout ce qui est éducatif ou jeux de société » confie Mathieu, vendeur à Carrefour TNL à Nice. Pour Laurent, père de famille « philosophe », c’est clair.  « Un garçon reste un garçon, une fille reste une fille. A Noël je vais offrir à ma fille de 6 ans une mini cuisine d’un mètre. Elle aime reproduire ce qu’elle voit à la maison ». Les déguisements subissent aussi les clichés, comme les acheteurs peuvent le constater. Les filles sont cantonnées aux rôles inactifs, soporifiques en constante attente d’un prince charmant. Les garçons ont les bons rôles, celui du sauveur, toujours en mouvement, à découvrir le monde.

Les rayons jouets garçons/filles du Carrefour TNL à Nice sont facilement dissociables CP : KV/PPDM

 Devant le rayon fille, les jouets dits « ménagers » laissent à désirer. Mis de côté, les cartons témoignent de l’aspect désuet et délaissé. «  Ma fille ne veut que des poupées. Tout ce qui est dinette ne l’intéresse pas. Il faut dire qu’elle est conditionnée par les publicités à la télévision » atteste Laure, mère d’une fillette de 4 ans. La femme s’est libérée. Elle ne reste plus au foyer à s’occuper des tâches ménagères. Même ces messieurs l’ont remarqué. « Maintenant les filles ne font plus rien. Elles passent leur temps au téléphone, les rôles se sont inversés, c’est nous les bonnes à tout faire. Il serait plus logique d’offrir ces jouets aux garçons » plaisante Abel, retraité. Des boîtes à jeu de rôle axés sur le métier de photographe, styliste ou encore entraineur équestre séduisent davantage les jeunes filles. Les poupées ont changé en conséquence. La plastique a moins d’importance. La nouvelle tendance ce sont les poupées « Monster High ». Entre le gothisme et le zombie, elles sont couvertes de cicatrices et leur physique est disproportionné. Désormais, ce sont le style et l’originalité qui priment.

 Pour les garçons, peu d’évolution dans les jouets. Ils ont toujours eu plus de libertés. Il y a cependant encore un blocage dans les jouets jugés trop féminins.

 Kelly Vargin et Patricia Pereira de Matos