Jérôme de Oliveira, classe mondiale

0
308
Un chef pâtissier plein d'avenir : Jérôme de Oliveira Crédit photo : Guilhem Herbert

   Il est devenu à 23 ans le plus jeune champion du monde de pâtisserie. En cette fin d’année, il croule sous les commandes mais ne s’en plaint pas, au contraire. Rencontre avec un jeune homme plein de talent et d’imagination.

Un chef pâtissier plein d’avenir : Jérôme de Oliveira
Crédit photo : Guilhem Herbert

   On ne peut pas l’ignorer, c’est écrit en blanc sur sa « blouse de travail » noire, côté cœur. Jérôme de Oliveira est champion du monde de pâtisserie. Un titre acquis en 2009 à Lyon, sa ville natale. Cette récompense le propulse au sommet. Il travaille avec les plus grands parmi lesquels Christophe Michalak. Après un passage dans le palace parisien le Plaza Athénée, il décide de conquérir le sud-est. Il s’installe à Cannes et monte alors Intuitions, sa propre enseigne. En quelques mois, il se construit une réputation solide. Ses réalisations plaisent autant aux Azuréens qu’aux vacanciers de passage. « Bien sûr que le tourisme est un facteur important de mon commerce, les étrangers raffolent de la gastronomie et de la pâtisserie à la française » confie-t-il.

Gourmand avant tout

                Certains pâtissiers n’aiment pas manger leurs produits. Il n’est pas de ceux-là : « Je raffole de mes créations. Si je ne goûte pas, je ne sais pas ce que ça vaut et je ne peux pas le vendre au client ». Avec modération bien sûr, il s’accorde quelques plaisirs. Comme ce matin-là où il goûte son financier tout juste sorti du four. Il plaisante : « Ça ne se mange pas chaud normalement, mais ça ira ». Il aime se faire plaisir mais ne vous y méprenez pas. Bien loin du stéréotype des chefs à l’embonpoint certain, son corps élancé ressemble plutôt à celui d’un athlète. Un coureur de fond peut-être, mais athlète quand même ! Il faut dire que son emploi du temps juste avant les fêtes est chargé : « c’est la folie en ce moment, les commandes s’accumulent ». Victime de son succès, le jeune homme se réjouit plutôt que de se plaindre, toujours le sourire aux lèvres. « Je préfère avoir trop de travail que pas assez ! ».

La médiatisation, moteur de son succès

                A l’heure où les émissions culinaires s’entassent à la télévision, il est conscient de l’importance de la médiatisation : « Ce n’est pas toujours facile de travailler pendant deux jours avec des équipes de télé dans le laboratoire mais les retombées sont tellement impressionnantes qu’il faut faire avec ! ». Quand à une éventuelle participation à une de ces émissions : « J’ai été contacté mais pour le moment, rien est acté ». Il vit avec son temps, ses avantages, ses inconvénients. Loin de l’image du chef surmené en cuisine qui s’affole et crie plutôt qu’il ne parle, Jérôme De Oliveira est posé, discute en toute simplicité et décontraction. A seulement 27 ans, l’avenir est devant lui, gageons qu’un avenir radieux s’offre à lui. A moins que l’installation à Cannes début décembre du géant du macaron Ladurée ne lui fasse de l’ombre.

Guilhem Herbert

Partager
Article précédentVa y avoir du sport – Emission spéciale fin d’année du 18/12/12
Article suivantFichue fin du monde !
Parti de loin, à tout point de vu, j'essaye de rattraper mon retard, tant bien que mal. Amoureux des Landes, mon département, je n'ai qu'une idée en tête : parcourir la planète pour enfin connaître et comprendre un tant soit peu le monde qui nous entoure. Le rugby et la nourriture sont aussi mes grandes passions. Surtout quand les deux sont associés.