« Hans Was Heiri » : le nouveau spectacle renversant de Zimmermann & de Perrot !

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Hier soir, à l’occasion du Monaco Dance Forum, le Grimaldi Forum a fait salle comble pour « Hans Was Heiri ». La dernière pièce de Zimmermann & de Perrot a époustouflé le public. En une heure vingt, les danseurs et les artistes de cirque ont fait voyager les spectateurs dans un univers drôle, plein de poésie et de finesse…

« Nous utilisons tout ce qui se présente à nous et le pressons dans notre hachoir pour fabriquer nos pièces ». Depuis plus de dix ans, Zimmermann & de Perrot imaginent et construisent des spectacles étonnants. Un savant mélange de danse, de théâtre et de cirque.

Dans « Hans Was Heiri », ils sont sept sur scène. Sept artistes aux personnalités et aux savoir-faire divers mais complémentaires. Il y a la femme-élastique, si souple qu’elle paraît invertébrée ; il y a l’homme à la casquette, tellement imprévisible qu’il en tutoierait presque la schizophrénie ; il y a la femme géante qui se déplace comme une araignée aux longues pattes… Tous sont attachants.

« Hans Was Heiri »
© Mario Del Curto

« Nous mourons de rire, mais prenons tout au sérieux » 

L’humour est le maître-mot du spectacle. Les artistes se retrouvent dans des situations totalement inattendues, ce qui donne à la pièce un côté burlesque, au sens cinématographique du terme. Le spectateur est obligé de lâcher prise, de se laisser aller dans l’irrationnel. A chaque instant, des événements extraordinaires viennent renforcer le rythme frénétique de la pièce. Sur scène, la cohérence cède sa place au rêve et à la magie.

Outre les comiques de répétitions, les chutes et les gags parfaitement joués, l’humour fin et intelligent de Zimmermann & de Perrot est explosif !

Le spectacle traite aussi de sujets forts comme la mort ou la passion. Le mur de scène est orné d’un immense cube rotatif. Cette espèce de « roue de hamster » géante mélange les personnages, les isole, les fait s’entrechoquer… Une machine qui passe les caractères humains et leurs multiples facettes à la moulinette !

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« Nous bravons la douleur physique »

Les artistes évoluent sur une scène encombrée de cadres en bois, de portes, de tables et de chaises. Ils passent au travers, sautent par-dessus, se cachent derrière… Rien ne les arrête ! Ils jouent avec ces objets comme s’ils faisaient partie de leur corps.

« Hans Was Heiri »
© Mario Del Curto

Les personnages sont sans arrêt en mouvement, il n’y a aucun moment de répit. Tout l’espace est utilisé et l’œil du spectateur est attiré en permanence d’un coin à l’autre de la scène.

Malgré la difficulté des figures qu’ils exécutent, leurs gestes sont légers et fluides. Comme de véritables acrobates, tête à l’envers et pieds collés au plafond, ils défient les lois de la gravité !

D’après Martin Zimmermann, « souvent, dans un théâtre, les gens n’osent pas rire franchement, aux éclats. Les enfants et les cinglés sont super, pour ça. Leur rire spontané peut libérer toute une salle d’adultes coincés ». Hier soir, au Grimaldi Forum, il devait y avoir des centaines de « cinglés » : à la fin de la pièce, tous les spectateurs étaient debout pour applaudir la beauté de la pièce.

Stéphane Goujon