GPA : Axel Kahn est contre… autant qu’il est pour la PMA !

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Présent à Nice pour participer au colloque de Marianne sur « l’argent et l’éthique », le généticien et écrivain Axel Kahn a expliqué pourquoi il était farouchement contre la GPA. Et c’est avec la même vigueur qu’il défend l’extension de la PMA aux couples lesbiens.

« J’y suis totalement, définitivement, absolument, complètement, radicalement opposé ». Le généticien Axel Kahn aime autant les adverbes qu’il est contre la Gestation pour autrui ! Pour cet homme de gauche, la GPA, c’est niet« Marchandisation du corps », avance-t-il.

« Il faut bien voir qu’attendre un enfant pendant neuf mois, en courir les risques, on ne fait pas ça par générosité. » Même si le cas d’une mère portant un enfant pour sa fille ou de deux sœurs se rendant « service » s’est déjà vu, il rappelle que ces situations sont minoritaires. Axel Kahn est formel : « La GPA ne peut exister que par la constitution d’un commerce de la fonction gestatrice des femmes. Ce n’est pas un progrès pour elles ».

D’autant plus que, selon l’ancien président de l’université Paris Descartes, ce commerce serait assez cynique. « Les femmes par contrat s’engagent à ne pas s’éprendre du fruit de leurs entrailles, à le donner au géniteur. Or il peut se passer quelque chose de l’ordre de l’affectivité entre la femme et le bébé qui croît en son ventre ».

En revanche, pour la procréation médicalement assistée, le scientifique est plus permissif. Très même. Il s’y montre tout à fait favorable. Et de se lancer à nouveau dans une longue énumération – mais pas d’adverbes cette fois. La PMA, il est pour. Pour les femmes stériles. Pour les femmes célibataires. Et même pour les femmes en couple.

Axel Kahn regrette d’ailleurs que la législation française refuse l’accès à la PMA aux lesbiennes et, pour l’occasion, se fait un peu sophiste : « La PMA, explique-t-il, est limitée aux couples qui ont une stérilité biologique. Évidemment deux femmes en couple peuvent être fertiles l’une et l’autre, mais dès lors que l’on considère que leur couple est un couple parmi les autres, alors ce couple en tant que couple est incontestablement stérile. Va-t-on obliger ces femmes à avoir un rapport hétérosexuel si elles veulent poursuivre un projet parental ? »

Clarine Baudin

Crédit photo : BALTEL/SIPA