Gérard Depardieu : « Ce n’est pas le projet qui m’intéresse, c’est la vie. »

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Gérard Depardieu

Véritable icône du cinéma français, Gérard Depardieu revient sous le feu des projecteurs avec une nouvelle histoire : “Mon exil fiscal“.  Malgré une carrière au sommet, son image est salie par ses nombreux excès. Souvent jugé, l’acteur reste incompris.

Incarnant le plus souvent la démesure, cette grande gueule a souvent fait la Une des journaux. Conduite en état d’ivresse, brutalité, comportement outrageant, il revient aujourd’hui sur le devant de la scène. Son exil fiscal en Belgique fait polémique. Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a jugé cette décision « minable ». S’estimant injurié, l’acteur décide d’écrire une lettre ouverte au Premier ministre où il annonce rendre son passeport et sa couverture sociale. Un vrai caractère de cochon. Habitué à une certaine médiatisation, Depardieu est sous la lumière des critiques. Mais comme Depardieu l’a souvent dit : « Avant, il y avait les mouches. Maintenant, il y a la télévision ».

« Un bon acteur, c’est celui qui a beaucoup vécu »

Son succès est un excès. Ce monstre sacré est un homme aux mille et une facettes : réalisateur, homme d’affaires, acteur… sa vie est un trophée. Plus de 170 films tournés, l’homme au caractère excessif est une figure incontournable du cinéma français. Sa personnalité hors-norme fait toute son authenticité. Son objectif : profiter pleinement de la vie. « Ce n’est pas le projet  qui m’intéresse, c’est la vie ! » . Polyvalent, Gérard Depardieu ne s’est pas contenté de la scène française. Dans les années 90, le cinéma américain lui propose des premiers rôles. Rappelez-vous Green Card de Peter Weir. Magnifique ! Il ne s’enferme pas dans un seul genre, c’est là tout son talent. Outre-atlantique, Depardieu a investi dans des domaines assez improbables : grands restaurants, hôtels… « Je fais travailler 80 personnes dans des entreprises qui  ont  été  créées  pour eux et  qui sont gérées par eux» clame Gérard Depardieu dans sa lettre ouverte à Ayrault où il se dit être « un citoyen du monde ». Cet amateur de bonne chaire est également devenu l’heureux propriétaire de plusieurs vignobles en France et à l’étranger. Une vie plus nature se dessine devant lui. Au revoir les emmerdes, la France et sa politique fiscale écrasante.

Un homme engagé

Même s’il déclare « la politique ne m’intéresse pas. Ce n’est qu’une basse-cour avec des poules et des coqs qui se chient dessus », Depardieu a pendant longtemps soutenu le parti socialiste. En 87, il s’engage aux côtés de Mitterrand. Réélu, François Mitterrand lui décerne la Légion d’Honneur. En 2007 et 2012, Depardieu apporte publiquement son soutien à Nicolas Sarkozy déclarant qu’il « est le seul homme politique capable, qui fait le boulot et travaille vraiment». Il critique vivement les syndicats en 2010 lors de leur opposition à la réforme des retraites. Souvent jugé, Depardieu reste un père définitivement meurtri par les coups durs de la vie. Même s’il part de France, sa trace politique, humaine et cinématographique restera ancrée dans les mémoires. Mais Depardieu ne quittera pas de si tôt le cinéma français. Retrouvez le fin décembre dans «L’homme qui rit».

Amandine Zirah