Football : vers une révolution pour les arbitres français ?

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Après les réformes annoncées sur l’arbitrage il y a quelques semaines, c’est le statut des arbitres français de football qui va subir un lifting. Professionnalisation, hausse des salaires, ou formation, des modifications qui pourraient changer la vie des hommes en noir.

« C’est un beau projet ». Au moment d’évoquer les futures réformes sur le statut des arbitres, José Dias, délégué du Syndicat des arbitres de football élite (SAFE) est enthousiaste. La mesure principale concerne la professionnalisation des arbitres du championnat de France de Ligue 1. « Une dizaine d’arbitres auront la possibilité de devenir professionnels avec la création d’une division pour les arbitres », expose José Dias.

Une avancée qui permettra aux concernés d’alléger leur emploi du temps. « Certains vont pouvoir lâcher l’emploi qu’ils occupent en complément de leur métier d’arbitre. Ils vont ainsi arrêter de jongler avec deux ou trois emplois du temps », explique-t-il. Actuellement, 80% des arbitres disposent d’un métier en dehors des terrains de football. Le championnat de France copie ainsi sur l’Angleterre ou l’Espagne où les hommes au sifflet ont la possibilité de devenir professionnels. « La France va enfin se mettre à la hauteur de ses concurrents européens », se réjouit-il.

Des revenus également en hausse

Les arbitres de Ligue 1 devraient également voir leur salaire doubler. « Cette augmentation permettra de payer le kiné, l’abonnement à la salle de sport et certains déplacements », justifie José Dias, lui-même ancien arbitre de niveau Ligue. En France, les arbitres de Ligue 1 et Ligue 2 reçoivent une indemnité mensuelle et sont ensuite rémunérés avec des primes en fonction du nombre de rencontres arbitrées. Leur revenu peut ainsi atteindre les 63 000 euros annuel. Un revenu confortable qui reste loin de ceux des footballeurs pour une durée de carrière plus courte.

Une évolution bénéfique pour les jeunes arbitres ?

L’impact de ces mesures sur le statut des arbitres pourrait se faire ressentir dès les catégories de jeunes. Souvent vu comme un rôle difficile, le métier a du mal à attirer. « Tous les week-ends, on est sous pression. La moindre erreur peut changer la physionomie d’une rencontre », raconte Clément Gentil, arbitre en Ligue Rhône-Alpes de football. A 21 ans, il ne sait pas encore s’il continuera dans cette voie. « Il faut faire beaucoup de sacrifices et avec les études supérieures c’est compliqué », confie-t-il. Les améliorations avancées par la Ligue de Football Professionnel pourraient jouer un rôle important . « C’est premières annonces me font penser qu’il y a peut-être un avenir dans ce métier là », reconnaît Clément Gentil qui apprécie l’attention portée à la formation. « C’est important d’être accompagné et bien formé », conclut-il. Reste à savoir si cela permettra d’améliorer le niveau général de l’arbitrage français souvent décrié ces dernières années.

Crédit photo : Panramic

Boris Calabrin