Football – Mickael Landreau, un record, des regrets

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Mickael Landreau, sélectionné à onze reprises en Equipe de France.

Dimanche, Mickael Landreau va égaler le record détenu par Jean-Luc Ettori. 602 matches en Ligue 1, une barrière mythique. Pourtant ce gardien nourrit plusieurs déceptions. Regard sur une carrière en demi-teinte. 

Hier, le gardien de but du SC Bastia a résumé en une phrase sa situation dans les colonnes de France Football. « Je suis satisfait, même fier de ma carrière. Mais j’aurais adoré battre le record sous un seul et même maillot, celui de Nantes ». Pour David Phelippeau, journaliste, « cette déclaration n’est pas du tout surprenante ». « L’amour pour son club formateur est énorme » lâche ce spécialiste du FC Nantes. Problème, ce choix de carrière n’est pas le seul regret pour Mickael Landreau.

De ses débuts, le 2 octobre 1996 à l’âge de 17 ans sous les couleurs nantaises, à ce 602e match dimanche avec Bastia, ce natif de Machecoul en Loire-Atlantique a connu de nombreux événements dans son parcours professionnel. Pétri de talent, un avenir prometteur lui était tracé. Un penalty arrêté pour son premier match et tout s’est très vite enchaîné. Gardien titulaire et capitaine du FC Nantes à 19 ans, il devient naturellement le leader du club des bords de l’Erdre. Vainqueur de la Coupe de France en 1999 et 2000. Champion de France en 2001. Ses premières années sont prometteuses. Il devient rapidement l’un des tous meilleurs à son poste. Ses premières apparitions sous le maillot de l’Equipe de France confirment son statut, avec notamment la Coupe des Confédérations en 2001 et 2003.

Le PSG, une destination ratée

Les années suivantes, Nantes perd de sa superbe. Des choix peu judicieux à la tête du club entrainent une baisse des résultats. Mais « capitaine Landreau » décide de rester. Dans ce marasme ambiant, le FCN arrive en 2004 à se hisser en finale de la Coupe de la Ligue. Une panenka loupée, toujours par ce même Landreau, offre finalement la victoire à Sochaux. Les problèmes s’enchainent. A la fin de la saison 2005-2006, il annonce son intention de quitter son club formateur. Et dans un tollé médiatique, il s’engage au PSG. David Phelippeau explique, « il fallait qu’il parte pour évoluer. Nantes allait trop mal pour qu’il reste à l’époque de son départ ». Finalement cette nouvelle orientation n’est pas à la hauteur de ses espérances. De 2006 à 2009, Paris joue le maintien et seules quelques coupes nationales illuminent le parcours du club de la capitale. Résultat, son statut d’international s’effrite. En 2008, il ne figure pas dans la liste finale pour disputer l’Euro.

« Incapable de quitter ses proches »

L’été 2009, Mickael Landreau change de cap. Direction le Nord. Il s’engage avec Lille et là-bas il renoue avec les sommets. Un doublé coupe-championnat en 2011 et en prime le titre de meilleur gardien de la saison. Pourtant, son statut ne décolle plus. Pour preuve, Raymond Domenech privilégie Cédric Carrasso au poste de gardien numéro 3 pour le Mondial en Afrique du Sud. Une véritable claque. Afin d’éviter ce déclin, le consultant de BeinSport n’hésite pas à dire « qu’il aurait dû aller à l’étranger, mais il a du mal à quitter ses proches ». Comment dans ces conditions réussir une carrière internationale ? Aujourd’hui, Landreau évolue sous les couleurs bastiaises. Une lutte pour le maintien, le soleil corse, et un statut de préretraité. Un record de longévité gratifiant pour finir, mais surtout, un parcours qui n’est pas à la hauteur de son talent.

Matthieu Drouin