Fichue fin du monde !

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On y est. Le 21 décembre 2012. On le sait, la fin du monde n’épargnera personne. Dommage. L’année 2013 devait être celle de la réalisation des fantasmes les plus franchouillards. Voici ce que ne nous verrons pas. Un feu d’artifice tricolore, lors d’une saison un peu folle.

16 mars 2013. Impérial XV de France. Les Bleus remportent un 10e grand Chelem, après avoir écrasé l’Ecosse 58-7. Au coup de sifflet final, le public du Stade de France est en fusion, et les « merci Michalak ! »  ne cessent de résonner dans l’enceinte dionysienne. Véritable artisan d’un rugby français flamboyant depuis l’automne dernier, le Toulonnais est définitivement devenu une icône après le hold-up de Twickenham, trois semaines auparavant. A la manière du « Wilko » local, l’ouvreur français nous avait offert la victoire, 22-21, grâce à un drop dans les ultimes secondes. Inoubliable. Outré, Johnny Wilkinson avait alors annoncé vouloir sortir de sa retraite internationale pour donner la « fessée aux Frenchies », l’an prochain au Stade de France. Ça promet.

Un Tour comme on les aime

28 ans qu’on l’attendait, Thibaut Pinot l’a fait ! Au soir du dimanche 21 juillet sur les Champs-Elysées, le coureur de la FDJ succède à Bernard Hinault au palmarès des vainqueurs français du Tour de France, au terme d’une édition du centenaire abracadabrantesque. C’est peu dire que Pinot a bénéficié de circonstances favorables. D’abord, l’abandon de Contador, pris en otage par les indépendantistes corses lors de la deuxième étape sur l’Ile de Beauté (il ne voulait pas gouter à la viande locale). Ensuite, l’exclusion de l’équipe Sky pour comportement antisportif. Lors de l’étape de la double ascension de l’Alpe d’Huez, remporté par Pierre Rolland, Bradley Wiggins avait tenté de précipiter Christopher Froome dans le ravin de la descente du col de Sarenne. Sans réussite, mais pas vraiment du goût des organisateurs. Un succès au rabais pour Pinot. Mais après 28 ans d’attente, on prend quand même.

Marseille pleure

25 mai. Wembley. Paris remporte la Ligue des Champions. Après avoir éliminé Valence, le Bayern Munich et Manchester United, le PSG bat en finale le FC Barcelone 3 à 0, grâce à un triplé d’Ibrahimovic.  Les joueurs parisiens, flanqués de t-shirts sobrement  intitulés « In Ibra we trust »,  soulèvent la coupe aux grandes oreilles, après 20 vingt ans de disette pour les clubs français. L’OM est aux oubliettes. Fini, le temps où la Ligue 1 se faisait railler. Lionel Messi, alors sous contrat avec Barcelone jusqu’en 2018, annonce sa venue au PSG pour la modique somme de 150 millions d’euros. L’Argentin se dit « heureux de rejoindre la Ligue 1, mon championnat de référence »… Vraiment, 2013 aurait été exceptionnel. Fichue fin du monde.

Julien Chesnais