Festival In&Out : « Rien n’est jamais acquis »

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Mardi 19 avril, la huitième édition du festival niçois du film gay et lesbien In&Out ouvre ses portes. Plus de trente films seront projetés à Nice, Cannes et Beaulieu, avec en toile de fond, la lutte contre l’homophobie. 

« Le vernis craque vite. Même dans un climat apaisé comme le nôtre, les discriminations ne sont jamais loin. » constate Benoît Arnulf, directeur artistique du festival In&Out. Et la lutte contre ces discriminations est une des raisons d’être de ce festival. Des manifestations comme celles-ci existent depuis 1989 dans plusieurs grandes villes de France. « Nice a longtemps été à la traîne, explique Benoît Arnulf, alors il y a huit ans, l’association Les ouvreurs s’est lancée avec comme volonté première de donner une visibilité aux diversités sexuelles. » Comprenez homosexualité, bisexualité, trans-identité. Leur but : exploiter le côté visuel et illustratif du cinéma pour montrer la réalité de ces diversités. Une façon de combattre les clichés parfois véhiculés par les grands médias. « Comme c’est souvent l’inconnu qui fait peur et qui génère les discriminations, ces films luttent à leur manière en montrant ce que sont vraiment ces diversités, ce qui vivent vraiment ces personnes » explique le directeur artistique. Pour rendre cette image encore plus accessible, « le crépuscule des idoles » est le thème de cette année. Ou le parcours de personnalités emblématiques de l’univers gay et lesbien comme André Gide, Françoise Sagan, Andy Warhol ou Truman Capote et qui ont façonné la culture contemporaine de tous. Toujours pour se confronter à la réalité des diversités, le festival ouvrira sur un film kenyan au message fort, « Story of our lives », qui montre le quotidien des gays en Afrique. « Ce n’est pas si loin de nous, contrairement à ce que l’on pourrait croire. Sur le plan des diversités sexuelles, le Kenya, c’est la France d’il y a 100 ans ».

De gauche à droite Benoît Arnulf, directeur artistique du festival, Erwann Le Hô, associatif niçois, et Pavel Cortès, réalisateur mexicain, tous deux membres du jury. Photo : LM

L’homophobie n’est pas morte

Au-delà de ce festival, Benoît Arnulf intervient aussi avec Les ouvreurs dans les collèges et les lycées. « Depuis le mariage pour tous, on voit bien que le regard des jeunes a changé. Aujourd’hui, puisque le mariage entre personne du même sexe n’est plus interdit, pour ces jeunes, l’homosexualité n’est plus un tabou ». Malgré cela, il affirme que les discriminations perdurent. Des propos corroborés par le rapport de l’association SOS Homophobie qui fait état d’une augmentation de 40% du nombre d’agressions homophobes entre 2011 et 2014 (avec un pic de 78% entre 2012 et 2013). « Si le climat est plus serein aujourd’hui en France, ce n’est pas le cas aux portes de l’Europe, comme au Maroc ou en Russie ». Alors, le festival In&Out diffuse des films qui montrent leur situation. « Pour se rendre compte que rien n’est jamais définitivement acquis et pour ne pas retomber dans les mêmes situations ».

Festival In&Out : du 19 au 30 avril 2016

Ludovic Mercier