Festival In&Out : outil politique pour les LGBT

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L'équipe du Festival In&Out présente 50 films lesbiens et gays pendant 10 jours.
La septième édition du Festival cinématographique gay et lesbien des Alpes-Maritimes, In&Out, est l’occasion de parler du film, comme outil politique.

 

« On a beaucoup de films en avant-première dont on n’est pas sure qu’ils trouveront une place dans les cinémas niçois ». Le Festival In&Out, c’est « l’envie de trouver des formes cinématographiques qui sont de grandes qualités » pour revendiquer un argument politique, explique Benoit Arnulf, directeur artistique. Montrer des discriminations sexuelles, l’homophobie ou le sexisme, « c’est forcément politique, surtout quand on donne la parole a des artistes qui font des propositions pour trouver des solutions. »

À l’image d’une société

Le film est un outil qui peut choquer, comme avec le film Théo et Hugo dans le même bateau, présenté dans le Festival et attendu pour sa polémique : « un film très fort montrant une sexualité assez frontale et tout en étant extrêmement militant », explique le directeur artistique.

Le cinéma gay dénonce. Le film Stand s’inspire de la loi « anti-propagande » russe, promulguée en 2013. Cette loi ne tolère pas que deux gays se baladent dans la rue ensemble, parce qu’ils promouvraient « des relations sexuelles non traditionnelles ».

En Russie, des agressions homophobes ont été filmées et mises en ligne, en 2013. C’est le scenario du film Stand.

L’équipe du Festival In&Out présente 50 films lesbiens et gays pendant 10 jours.

Le spectateur est roi

Pour son réalisateur, Jonathan Taïeb, son film « n’est ni noir, ni blanc. Je pense qu’il peut faire réfléchir. La revendication homosexuelle n’est pas au coeur des réflexions. Là-bas, la question principale, c’est : la Russie, l’Europe ou la fuite ? »

De même, le film Oriented, montre des homosexuels palestiniens en Israël. « Il traite de la problématique d’exister dans une double différence, à la fois arabe et homosexuelle », explique Benoit.

Jonathan conclue : « C’est au spectateur de décider si c’est un film militant, un drame, un thriller… Moi, mon objectif est de faire la meilleure oeuvre possible. »

Par la beauté de l’image

« C’est une fête, une ode à la cinématographie gay et lesbienne, peu représentée. Des films qu’on voit quasi nul part ailleurs ! » Franck Lechoisne, coordinateur du Festival pour les projections à cannoises, est enjoué. Comme Benoit :  » On lance des petite pépites qui vont porter une idée politique « . Des pépites qui ont trouvé leur public.

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D’ailleurs, cette année, le thème est le crépuscule des idoles, une manière de rendre hommage aux voix du passé. « En période de crise, on a besoin de repères. De se tourner vers les choses qui ont été pensées, et qui ont résisté au temps. »

Morgane Tymen