Exposition Denis Brihat : l’alchimiste et le poète

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Le Théâtre de la Photographie et de l’Image Charles Nègre offre pour trois mois son cadre atypique à l’œuvre du photographe Denis Brihat. Plus de cinquante années d’un travail méticuleux et poétique sur la beauté des objets de notre quotidien révélées pour la première fois au grand public. Véritable hymne à la pureté et à la simplicité, l’exposition lui rend hommage et invite le spectateur à la sérénité contemplative.

Le théâtre de la photographie accueille une rétrospective consacrée à Denis Brihat. Les salles de la villa, ses hauts plafonds moulés et ses murs immaculés se prêtent parfaitement à l’œuvre bucolique de l’artiste. Une invitation à la flânerie.  Crédit Photo : Andréa Lebourgeois

 

 

 

 

 

 

Il est de ces objets si communs qu’ils en deviennent quasiment invisibles. Si banals, naturels, que l’œil se met à les ignorer puis les oublier. Enfants de l’habitude, négligence et lassitude obligent l’homme civilisé à s’éloigner – du réel ou du bout de son nez – pour chercher ailleurs ce que d’aucuns appellent « beauté ».

« Il y a un autre monde, mais il est dans celui-ci », disait Paul Eluard. Denis Brihat l’a découvert. Ce monde, c’est celui de l’anodin, des trésors naturels, du quotidien, de l’infime pourtant si grand. Habité d’une philosophie nouvelle puisée dans le bouddhisme à son retour d’Inde en 1958, le photographe reporter baroudeur, lauréat du prix Niepce, n’a pas changé pas de regard : il a recouvré la vue.

Dès lors, les éclats d’une vitre brisée, les feuilles fanées d’un coquelicot rouge soie, les toiles d’araignée filandreuses, fragilisées par le poids d’une goutte d’eau, un oignon déshabillé, son manteau marron pelé gisant à ses côtés, deviennent autant d’objets qu’il va sublimer. Ses photographies s’expriment sur fond blanc, la force est dans la sensation d’immaculée simplicité. Forme et couleurs se mêlent et donnent souvent, au premier coup d’œil,  l’illusion d’une parfaite abstraction.

Un regard, une technique…une histoire

Devenu un véritable maître du procédé argentique (procédé photochimique permettant de jouer sur les contrastes de l’ultra-réalisme), le photographe l’utilise depuis 50 ans pour sublimer notre quotidien. Les couleurs et les formes ainsi redéfinies font sauter le voile terne de l’insignifiance.

Sonia Duchatel, médiatrice culturelle et documentaliste a pu le rencontrer. Elle le décrit comme « un personnage à l’univers décalé et poétique, sorte d’écolo avant l’heure. Un grand monsieur de la photographie ».  C’est « un amoureux de la nature. D’une nature qu’il sait transcender par la technique en laboratoire » ajoute-t-elle. L’homme est à l’image de son œuvre. Sans faux semblant, humble, discret.

L’hommage rendu est unanime, et les (trop) rares flâneurs de ces premiers jours sont conquis et en sortent rêveurs. « C’est plus beau que la nature. Ce que l’on ne sait plus voir aujourd’hui, vous nous l’offrez à contempler encore » commente un visiteur ému à l’intention de l’artiste. A découvrir, encore et encore…

 

Infos utiles :

Expo Denis BRIHAT

19 octobre 2012 au 03 février 2013

Théatre de la Photographie et de l’Image Charles Nègre

27, bvd Dubouchage à Nice

04 97 13 42 20

Gaël Formentin