Et le Beaujolais fut

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Le beaujolais nouveau est arrivé sur nos tables. Hier, les amateurs de vin ont pu déguster le millésime 2010 et l’apprécier… ou pas. Les avis divergent, mais tous s’accordent sur l’aspect festif et convivial de l’évènement. Chaque année, l’arrivée du Beaujolais nouveau est attendue avec ferveur. Jeudi, dans les caves et autres brasseries, professionnels et amateurs se sont réunis autour d’une bonne bouteille. Accompagné d’un orchestre de jazz ou d’un menu gastronomique lyonnais, chacun pouvait apprécier le nouveau cru selon ses goûts. « De toute façon, le beaujolais, on aime ou on n’aime pas. Cette année c‘est un petit millésime, mais comme tous les ans, c’est l’occasion de faire une soirée spéciale », déclare Benjamin, serveur du bar à vins, le Vinivore à Nice. Cependant, l’affluence diminue d’année en année : « comparé à la fréquentation de 2008 ou 2009, on déplore un réel manque d’engouement », ajoute-t-il.

La quantité au détriment de la qualité

Le Beaujolais nouveau, un concept devenu trop commercial ? Sans doute. « Le Beaujolais doit rester quelque chose de traditionnel, estime M. Maquet, gérant de la Brasserie Gal, rue Smolett. Aujourd’hui les vignerons veulent ajouter des arômes de banane ou de kiwi, c’est n’importe quoi ! » . En effet, 40 millions de bouteilles sont en vente, cette année, dont la moitié est destinée à l’exportation, alors qu’à ses débuts, la production n’était que de 2 millions de bouteilles. Une surproduction qui compromet la renommée et la qualité du produit. Et comme le fait remarquer M. Maquet, les retombées économiques sont plutôt positives : « la brasserie était pleine, grâce au package comprenant un repas accompagné d’une bouteille de beaujolais, mais surtout grâce à l’orchestre de jazz. »

Alors : bon ou mauvais ?

Concernant les consommateurs, les avis sont partagés. Certains sont satisfaits comme Brigitte, animatrice en grandes surfaces, qui estime que certaines cuvées sont délicieuses. Pour elle, le millésime 2010 Monard, en particulier, est « exceptionnel ». Stéphane, amateur de vin, estime quant à lui, que le Beaujolais nouveau est un « tord-boyaux » : « l’avantage avec ce vin c’est qu’on peut boire pour pas cher, mais attention aux maux de ventre du lendemain! »

Allison FOURRIER et Justine PELTIER