Enfin le renouveau ?

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Les Bleus de Laurent Blanc se sont imposés 1-0 face au Brésil, hier soir au Stade de France. Si cette victoire est belle sur le papier, les Brésiliens ont tout de même joué plus de la moitié du match à dix contre onze. Mais après tant d’échecs et de désillusions, les Bleus ne boudent pas leur bonheur.

Tout était réuni pour faire la fête, hier soir à Saint-Denis. Treize ans après leur confrontation dans le même stade, mais en finale de la Coupe du Monde. Bleus et Jaunes, tous deux en conquête de renouveau, avaient l’occasion d’en découdre à nouveau. Si les sceptiques scandent que le Brésil n’est plus ce qu’il était, sans ses stars Ronaldinho, Kaka ou encore Neymar et Fabiano, les observateurs relèvent que les Bleus n’ont plus Zidane dans leur effectif, et que les meilleurs à l’instar de Samir Nasri, Franck Ribéry ou encore de Mathieu Valbuena étaient absents. Le match amical d’hier soir opposait deux équipes en reconstruction, et dont les sélectionneurs (Menezes et Blanc) s’appuient sur une nouvelle génération pour préparer l’avenir.

Une entrée de match laborieuse pour les Bleus

Dès les premières secondes, les Brésiliens se sont accaparé le ballon, sans le lâcher. Un travail admiratif et millimétré de conservation de balle permet aux joueurs de Manolo Menezes de faire douter des Français qui ne font que courir après le ballon. La charnière Rami – Mexès n’aura pas le temps d’être réellement mise à l’épreuve, et les Bleus vont commencer à mettre le pied sur le ballon, et surtout à construire plusieurs belles actions de jeu en s’appuyant sur un M’Vila bien en vue, et sur un Gourcuff en partie retrouvé. A la 10e minute, Benzema est tout près d’ouvrir le score sur une remise dans la profondeur en une touche de balle de Gourcuff, mais le tir de l’attaquant madrilène est trop croisé et frôle le montant droit de Julio César. A la 40e minute, Hernanes est expulsé pour une violente semelle dans le thorax de Benzema. Si ce carton rouge est logique, il laisse un goût amer et fausse un match tant attendu.

Une expulsion qui change tout

Extrêmement gênés par le pressing brésilien, les Bleus ont souvent couru derrière un ballon perdu trop rapidement alors que la consigne était de le conserver. Avant de maîtriser la rencontre à onze contre dix, les Bleus ont souffert à développer leur jeu à cause d’un manque d’application et de disponibilité de leurs joueurs offensifs. Florent Malouda et Jérémy Ménez ont été d’une grande timidité en début de match, avant que le second, surtout, ne se lâche. Yoann Gourcuff a perdu trop de ballons dans un poste d’organisateur, malgré sa générosité habituelle. Il faudra attendre l’expulsion d’Hernanes pour que les Bleus soient capables de porter plus le ballon et de fluidifier leur jeu. Après plusieurs tentatives, Benzema va finir par trouver le chemin des filets de Julio César à la 54e minute. L’ancien Lyonnais reprend un centre après un magnifique débordement de Jérémy Ménez.

Les nouvelles certitudes de Laurent Blanc

Depuis sa prise de fonctions, le sélectionneur des Bleus souhaite s’appuyer sur une défense type, ce qu’il considère comme base essentielle de toute construction ou reconstruction d’équipe. Cette charnière a été choisie : Adil Rami et Philippe Mexès sont les deux tauliers des Bleus de l’ère Blanc. Hier soir, pour sa 20e sélection, Philippe Mexès a livré son meilleur match en équipe de France. Tranchant dans ses interventions, serein techniquement, il a rassuré une défense qui semble trouver ses marques. Sur les cinq derniers matches, les Bleus n’ont encaissé qu’un seul but, dans les dernières minutes en Angleterre (1-2).

En attaque, l’autre certitude s’appelle Karim Benzema. Malgré ses péripéties madrilènes, l’attaquant justifie pleinement la confiance que lui accorde Laurent Blanc en équipe de France. Le Madrilène a inscrit face au Brésil son 12e but en sélection, le 4e sous l’ère Blanc et le 3e lors de ses trois dernières convocations (le dernier à avoir accompli une telle série est David Trézéguet, en 2003). De quoi légitimer largement son statut de titulaire indiscutable chez les Bleus. Bien en jambes, il a retrouvé sa précision technique, en plus de son but plein d’opportunisme.

Les Bleus retrouvent leur statut ?

Malgré un départ difficile, l’équipe de France version Laurent Blanc vient d’enchaîner une 5e victoire d’affilée. Une première depuis la période mars-août 2007. Après la Bosnie (0-2), la Roumanie (2-0) et le Luxembourg (2-0), les Bleus ont battu deux grandes nations du football : l’Angleterre (1-2) et le Brésil (1-0). Des succès qui ne peuvent que donner confiance à des Bleus qui en auront besoin pour les matches qualificatifs à l’Euro 2012. Autre point positif : les joueurs semblent avoir retrouvé plaisir à évoluer ensemble, facteur essentiel de réussite au plus haut niveau. Tout va bien pour les Bleus, et le chantier de la reconquête construit sur une vraie philosophie de jeu porte ses fruits. Après le fiasco de la dernière Coupe du Monde, les Français sont en train de retrouver foi en leur équipe. Prochaine étape, pour confirmer, le 25 mars au Luxembourg.

Baptiste Quenaudon