« En marche »: Emmanuel Macron est-il de gauche ou de droite?

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Le ministre de l'économie Emmanuel Macron a 38 ans.

Ce mercredi, Emmanuel Macron a officialisé le lancement d’En Marche ! Un mouvement censé se positionner au-dessus des partis traditionnels. Pourtant le ministre de l’Economie est souvent considéré comme un homme de droite déguisé en homme de gauche. Mais où se situe-t-il réellement?

1. Les 35 heures

L’ancien banquier de Rothschild ne s’en cache pas. Rester dans le carcan des 35 heures est quelque chose qu’il ne partage pas avec ses « amis » socialistes. Lors de son passage à l’université du Medef le 27 août 2015, il a d’ailleurs fustigé le conservatisme de la gauche sur ce point. « La gauche a cru que la France pouvait aller mieux en travaillant moins, c’était des fausses idées », avait-il déclaré. Une phrase qui a séduit tous les patrons présents dans la salle. Et un positionnement qui le place clairement au côté des libéraux français: François Fillon, Alain Juppé ou Alain Madelin. Tous des hommes de droite.

Droite 1 – Gauche 0

2. Le travail le dimanche

Quelques mois avant sa sortie sur les 35 heures, le jeune ministre avait déjà montré des valeurs économiques de droite avec sa loi Macron. Des libéralisations (aéroport, bus…) mais surtout le travail le dimanche. Avec sa nouvelle loi, les commerçants peuvent maintenant ouvrir leurs magasins 12 dimanches par an au lieu de cinq. Et même s’il a défendu, sur RTL, que « le travail du dimanche, c’est plus de liberté, et la liberté, c’est une valeur de gauche », Emmanuel Macron s’est mis à dos cette même gauche. De quoi le placer encore un peu plus à droite.

Droite 2 – Gauche 0

3. La déchéance de nationalité

Si François Hollande a placé Emmanuel Macron à Bercy, il s’attendait sûrement à un virage économique social-libéral voire libéral tout court. En revanche, il doit se mordre les doigts quand il entend son protégé critiquer sa réforme constitutionnelle. Lors d’une conférence à la Fondation France-Israël, son ministre a été très clair: « J’ai un inconfort philosophique avec [cette réforme], parce que je pense qu’on ne traite pas le mal en l’expulsant de la communauté nationale. » Une phrase saluée par les frondeurs et la plupart des communistes, totalement contre cette révision constitutionnelle.

Droite 2 – Gauche 1

4. Le statut des fonctionnaires

Le franc-parler du ministre de l’Economie séduit les Français. Mais le 18 septembre 2015, il a encore suscité la colère des députés de la gauche. Cette fois en critiquant le statut des fonctionnaires. « La justification d’avoir un emploi à vie garanti sur des missions qui ne le justifient plus sera de moins en moins défendable. Le statut des fonctionnaires n’est plus adéquat », avait-il expliqué. Une position qui rappelle celle des ténors de la droite et leurs propositions à la primaire de la droite et du centre.

Droite 3 – Gauche 1

5. Le terrorisme et la sécurité

Benoit Hamon est un des ennemis jurés du jeune ministre. Lors de la loi Macron, il n’a pas arrêté de critiquer ses propositions libérales. Mais il lui arrive de partager quelques-uns de ses propos. Le 21 novembre dernier, une semaine après les terribles attentats français, Emmanuel Macron avait dénoncé le manque de mobilité sociale en France et que les élites restaient entre elles. Avant d’ajouter justement que le terrorisme « se nourrit de cette lèpre insidieuse qui divise les esprits. » De quoi faire battre le cœur socialiste de Benoit Hamon et d’une majorité d’élus de gauche.

Droite 3 – Gauche 2

6. La question des réfugiés

Mal aimé économiquement, Emmanuel Macron séduit de plus en plus la gauche pour un humanisme qu’elle ne lui aurait pas soupçonné. Manuel Valls expliquait le 13 février 2016 que « l’Europe ne pourra pas accueillir d’autres réfugiés ». Une position que ne partage pas l’ancien banquier. Quelques mois plus tôt, il avait annoncé que les migrants étaient « une opportunité pour nous. Une opportunité économique car ce sont des femmes et des hommes qui ont aussi des qualifications remarquables ». Et encore une fois, il plait à Benoit Hamon pour qui « il donne beaucoup plus de gages de gauche que Manuel Valls ».

Droite 3 – Gauche 3

7. En Marche !

Annoncé mercredi soir, Emmanuel Macron a décidé de créer un nouveau mouvement politique. Un mouvement baptisé En Marche ! Il a expliqué vouloir faire de la « politique autrement » avec ce projet. Mais il revendique surtout une démarche non partisane. Il sera possible d’adhérer (gratuitement) à son mouvement et en étant encarté EELV, PS, UDI ou LR. Aucune importance pour lui, tout le monde est le bienvenu. Une décision qui le place au-dessus du clivage gauche-droite habituel. D’autant plus qu’il a ajouté que son mouvement n’était « ni de droite, ni de gauche ». Match nul donc.

Droite 3 – Gauche 3

8. Le roi Macron?

Emmanuel Macron a insisté hier sur sa non-candidature à la présidentielle de 2017. Pourtant, impossible d’imaginer qu’il ne pense jamais à gravir la plus haute marche. Mais plutôt que président se voit-il déjà roi? En juillet 2015, il avait expliqué à l’hebdomadaire Le 1 que « dans la politique française, il y a un absent: la figure du roi. La Terreur a creusé un vide émotionnel, imaginaire, collectif: le roi n’est plus là ! » A le voir déjà sur le trône, il n’y a qu’un pas.

Droite 3 – Gauche 3 – Royaliste 1