Émeutes au Caire : les Égyptiens de Nice réagissent

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Sam lit le journal de l’Etat égyptien Al-Ahram.

Les récentes manifestations place Tahrir suscitent différentes réactions dans la communauté égyptienne. Témoignages…

Cinq morts. C’est le bilan provisoire des récentes émeutes au Caire. L’actuel gouvernement du président Morsi, élu « démocratiquement » il y a six mois ne fait pas l’unanimité.

Ghoul Belgacem un Egyptien de 30 ans venu à Nice pour ses études à 16 ans, s’exaspère des événements dans son pays. « La place Tahrir est un cirque à ciel ouvert. Au début, je regardais les informations, j’étais sur le qui-vive, puis je me suis désintéressé ». Membre de l’association égyptienne de Nice, située rue Raimbaldi, l’homme connait bien la place Tahrir. Il y a grandi. « Les médias nous mentent. La place ne peut pas contenir des millions de manifestants comme ils le prétendent. Au maximum, il y en a 500 000». Nadia est la fille du seul imam égyptien de Nice, Khairy Hamed. Cette lycéenne n’a jamais vécu au pays des pyramides. Telle la majorité des jeunes égyptiens de Nice, l’adolescente ne suit pas l’actualité de son pays d’origine. Agés de 14 et 19 ans, les deux ainés de Sam ne s’en soucient pas non plus. Le père de famille a quitté l’Egypte en 1977. Cuisinier au restaurant Le Bédouin, rue Biscarra, lui, est très attentif à cette révolte civile. « Ce sont les jeunes de 20 à 30 ans non politisés qui se battent contre le président Morsi ». Il est en contact quotidien avec son oncle, un homme d’affaires au Caire. Selon lui,  « on paie les jeunes l’équivalent d’une dizaine d’euros pour aller manifester. Les médias occidentaux exagèrent. En réalité, moins de 10% de la population s’oppose au gouvernement ».

Sam lit le journal de l’Etat égyptien Al-Ahram.

Pro ou anti-Morsi ?

L’avis de Sam est clair : six mois ne suffisent pas pour juger de la  qualité d’un homme. Ghoul, en revanche, a été déçu dès le premier mois de la présidence du « nouveau pharaon ». Il va jusqu’à redouter une guerre civile. Il juge les Frères musulmans incapables de gouverner de manière démocratique. Le 15 décembre, les Egyptiens seront une nouvelle fois appelés aux urnes. Ils voteront pour ou contre une Constitution visant à donner plus de pouvoirs à Mohammed Morsi, source des mécontentements. Dans la capitale azuréenne, la plupart des Egyptiens s’accordent à dire que « la Démocratie ce n’est pas pour maintenant ».

Sarah Dehaut & Martin Alargent