Eglise Saint-Roch : « C’est comme si on brûlait le drapeau français »

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Dans la nuit du 26 au 27 avril 2014, l'Eglise Saint-Roch de Nice a été vandalisée. Les paroissiens et le personnel tentent de comprendre

Après le saccage dont a été victime l’Eglise Saint-Roch dans la nuit de samedi à dimanche, les réactions fusent. Les paroissiens et le corps ecclésial de Nice avancent plusieurs motifs pour tenter de comprendre cet acte. 

« En s’attaquant au Saint Sacrement contenu dans les tabernacles, on porte atteinte au corps du Christ, et donc à la tradition chrétienne » estime Père Michel Angella, administrateur de la cathédrale Sainte-Réparate à Nice. Deux jours après le saccage de plusieurs meubles, le personnel religieux s’interroge : pourquoi de tels agissements ? Quelles sont leurs motivations ? « L’Eglise et la religion ne sont plus respectées » confie Yannick Jaume, chargée de la sécurité de l’édifice. « Depuis six mois, une croix a été volée, des vitraux  brisés et la nappe de l’autel brulée. » Pour cette dernière, les saccages n’ont pas de lien entre eux même si les vandales savent ce qu’ils font. Avis que ne partage pas le Père Angella. Selon lui, il faut bien différencier dégradation et profanation : « quand on dégrade, on saccage des biens matériels. La profanation est pire, parce qu’on vise clairement des symboles religieux. » Pour l’administrateur de la cathédrale Sainte-Réparate, cet agissement est une offense directe aux institutions et aux valeurs. « C’est comme si on brûlait le drapeau français. »

Une réaction aux canonisations des deux papes ?

A Saint-Roch, les vandales n’ont pas manqué d’imagination pour pénétrer dans l’édifice : « Ils sont montés sur le toit avant de défoncer le mur de l’aumônerie avec des haches et des marteaux. Ceci en dit long sur la violence et la persévérance des auteurs » déclare Yannick Jaume. « En agissant ainsi, les brigands ne perçoivent pas la portée symbolique que cela représente pour nous. Les tabernacles sont des objets très précieux » estime Michel Angella. Dans la religion catholique, le tabernacle est un meuble qui abrite le ciboire et les hosties consacrées au cours de la messe. Tout comme un cimetière, le profaner est hautement condamnable. Ces deux dernières années, plusieurs chapelles de Nice ont été victimes de vandalisme. « Je me souviens, en 2012, la chapelle Saint-Charles a vu ses bancs renversés et ses statues décapitées. De tels actes me choquent profondément » s’insurge la responsable de la sécurité de l’Eglise Saint-Roch. Cette dernière évoque un affrontement direct entre les croyants de différentes religions : « Dernièrement, j’ai sermonné plusieurs personnes qui urinaient sur la façade de l’église. Avouant ne pas être catholiques, ils considèrent cet acte comme non-répréhensible. » Yannick Jaume émet une dernière hypothèse : la dégradation du week-end dernier pourrait être une réaction aux canonisations des papes Jean-Paul II et Jean XXIII célébrées dimanche au Vatican

Julien Sigari