Des Sports Mineurs dans une volonté de reconnaissance Majeure

0
118
Jean-Pierre Dick à son arrivée sur le Vendée Globe (Crédit Photo : www.vendeeglobe.org/fr/ © OLIVIER BLANCHET / DPPI /)

Alors que le match France-Espagne a tenu en haleine des millions de téléspectateurs mardi dernier et fait les gros titres des grands quotidiens et radios de l’Hexagone, les sports dits « mineurs » restent encore dans l’ombre. Une aberration compte tenue de leur place de plus en plus importante dans le paysage sportif français.

Jean-Pierre Dick à son arrivée sur le Vendée Globe (Crédit Photo : www.vendeeglobe.org/fr/ © OLIVIER BLANCHET / DPPI /)

Pour comprendre ce « classement », il faut indéniablement remonter à nos racines latines. Le football, le rugby ont trouvé un écho certain dans une bonne partie de l’Europe dès leur création au 18e siècle. D’autres ont essayé de percer sur le Vieux Continent avec plus ou moins de réussite. Énumérer la liste des sports mineurs serait trop long. Celle des majeurs est beaucoup plus courte. Un constat alarmant quant à la curiosité de moins en moins grandissante des téléspectateurs, auditeurs ou lecteurs. Une « Une » de L’Équipe sans football n’aurait pas la même saveur et le même rendement pour le grand quotidien sportif.

Il faut chercher, trifouiller dans les profondeurs des médias pour enfin trouver une petite brève sur ces sports encore trop méconnus du grand public. Normal me direz-vous. La plupart des français sont friands des exploits de ses footballeurs, de leur club de cœur. Mais en tant que futur journaliste de sport il n’est plus permis de se cantonner aux sports majeurs. Beaucoup de médias demandent à ce que leurs futurs pensionnaires soient à l’affût de n’importe quelle actualité sportive.

Le sport est vecteur d’universalité, un temps-mort des tensions politiques, sociales pendant quelques heures. Un spectacle pour oublier le quotidien dans un soucis de convivialité. Et le lien humain est peut-être plus présent dans les sports mineurs. Dans les petites structures associatives, les clubs où l’homme est au centre de tout, vous trouverez un lien social particulier. Pouvoir participer à une causerie de match, à des entraînements, pouvoir parler aux dirigeants, aux professionnels sans passer par une hiérarchie complexe. Les sports mineurs ont vite compris ce concept contrairement à leurs grandes sœurs.

En ces temps où le sport prend une partie importante dans le quotidien des Français , il ne faut pas hésiter à mettre en avant ses aptitudes à pouvoir en parler. Il ne faut plus hésiter à mettre en lumière ces sports de l’ombre. Faire partager votre connaissance aux plus nombreux est un gage de qualité quant à votre ce côté omnisports. Mais ne vous détrompez, il est aussi essentiel de parler des sports majeurs, ils prennent une place importante et seront toujours vecteurs de rentabilité entre autres.

Nice ne déroge pas à la règle

Rien que sur Nice, quelques sports sont représentés au plus haut niveau mais restent malheureusement trop dans l’ombre de l’OGC Nice, des nageurs (Camille Muffat, Yannick Agnel, Clément Lefert, Charlotte Bonnet) ou du Cavigal Basket. Pour étayer mon propos, je prendrais cinq exemples concrets : La voile, le water-polo, les sports américains, le volley-ball et enfin le hockey sur glace.

A en regarder les côtes françaises, les yachts et voiliers trustent la place au détriment des mono, multicoques ou catamarans de compétition. L’engouement populaire autour de Jean-Pierre Dick n’aura pas forcément attisé les curieux malgré sa venue sur le Quai Entrecasteaux le 9 février dernier. Le Vendée Globe aura apporté une nouvelle popularité grâce à ces Champions de la Mer. Malheureusement, la passion n’est pas éternelle. Peu savent que ces skippers ont déjà repris le large sur la Transat Bretagne – Martinique.

Les poloïstes de l’ONN (Olympic Nice Natation) peinent à remplir les gradins de la Piscine Jean Bouin. Dommageable au vu des résultats du club, actuellement 3e de l’Elite derrière Montpellier et Marseille. C’est le même constat pour le club phocéen. L’OM truste les grands titres alors que le club des Bouches-du-Rhône est depuis des années le leader incontesté et incontestable du Championnat masculin.

Sports phares aux États-Unis, à Cuba et en Asie, avec plus d’un milliard de pratiquants, le base-ball, softball et football américain peinent à se faire une place sur la Côte d’Azur. A l’origine inventés par les colons anglais Outre-Atlantique, le retour aux bases anglo-saxonnes ne se seront jamais réimplantées en Europe. Quelques pays essayent tant bien que mal de les refaire vivre avec un succès assez relatif et une couverture médiatique proche du néant.

Alors qu’on pouvait penser que le volley-ball allait rivaliser avec d’autres sports collectifs tels le basket, il n’arrive plus à percer. Très pratiqué en UNSS (Union Nationale du Sport Scolaire), la professionnalisation et la médiatisation de ce sport collectif est une autre histoire. Une Équipe de France moribonde sur les dernières compétitions internationales n’aura réussi qu’à faire fuir l’audimat. Pire le Nice-Volley reste effacé face au RC Cannes, meilleur club féminin au niveau national et l’un des fers de lance sur la scène européenne. Malgré toutes ces circonstances, le club a fait une saison honorable en Ligue B, deuxième échelon dans la hiérarchie du volley masculin et devrait à coup sûr trouver un écho pour le prochain exercice 2013-2014.

Dernier club dans cette short-list, le Nice-Hockey. Le Sud n’est pas très connu pour ses clubs de hockey sur glace et Nice est là pour contredire la règle. Sous l’impulsion de son entraineur Stan Sutor, les Aiglons se sont qualifiés il y a une semaine pour les play-offs de deuxième division. Les azuréens ont toute leur chance pour se requalifier pour la finale pour l’accession pour la Ligue Magnus. Ils devront d’abord se débarrasser de Bordeaux au prochain tour.

Pour remettre tous les sports sur un pied d’égalité, et enfin leur donner une reconnaissance méritée, il est donc essentiel de s’intéresser, de regarder, de m’immiscer au plus près. Ne pas délaisser la petite actualité pour privilégier la plus grosse. Un point capital, toujours mettre en avant votre côté omnisports et n’ayez pas peur de donner vos spécialités , elles ne pourront que vous démarquer de la masse. C’est l’avenir du journalisme de sport.

Jean-Guillaume Daunizeau