Des galettes des rois prématurées

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Les galettes des rois ont envahi les grandes surfaces niçoises. Depuis ce lundi, les plus impatients peuvent déjà fêter l’Épiphanie. Une sortie prématurée que les artisans ne voient pas d’un bon œil. « Et pourquoi pas les œufs de Pâques tant qu’on y est ». Dans les pâtisseries de Nice, c’est la consternation. Avec presque un mois d’avance les galettes des rois occupent déjà les rayons. Une tradition pourtant réservée à l’Epiphanie (premier dimanche de janvier). Depuis le 12 décembre, couronnes et santons sont disponibles dans les supermarchés.

Fourrées à la frangipane, aux pommes ou encore au chocolat, il y en a pour tous les goûts au Carrefour TNL de Nice. Une large gamme de choix et de prix allant de 6€ à 13€. Une initiative qui surprend les clients à l’image de Martine. « Bien qu’il soit encore très tôt. Je succombe facilement à la tentation ». Suffisamment bien placées à l’entrée du magasin, les galettes se vendent comme des petits pains. Elles sont majoritairement achetées par gourmandise plus que par respect des traditions, comme le déplorent les pâtissiers.

Surprise et consternation

« On ne peut pas en vouloir aux clients. C’est une stratégie marketing de la part des enseignes » s’insurge la responsable de la boulangerie Henry Martinez. Selon elle, il s’agit d’augmenter le bénéfice des pâtisseries avant les fêtes. Une méthode que se refusent à pratiquer les artisans. Sophie du Péché Mignon préfère se consacrer uniquement aux bûches de Noël. « Nous avons tellement de commandes qu’il serait stupide de commencer les galettes ».

Nous c’est le goût

Pour lutter contre cette concurrence déloyale, les artisans misent sur la qualité de leurs produits. Le Syndicat des Maîtres Boulangers/Pâtissiers en plaisante. « Ils peuvent sortir leurs galettes en mars si ils veulent. Le goût ne sera jamais le même. Les gâteaux industriels ne pourront jamais rivaliser avec les galettes faites maison ». Des prix élevés (pas moins de 15€ pour quatre personnes) mais des produits qui valent le coup d’être déguster. Véronique de l’enseigne Henry Martinez défend bec et ongle son produit : « Nous faisons de la vraie crème aux amendes, pas bourrée de sucre et une pâte pure beurre. Chose que vous ne trouverez jamais à Monoprix ».

Yohann Goyat

& Allan Blanvillain

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