Dépendance : le prix du maintien à domicile.

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En marge du lancement par Roselyne Bachelot des consultations sur la dépendance, de nombreuses familles maintiennent toujours un de leurs anciens à domicile. C’est le cas des Bensala. Pour cette famille cannoise, la décision est avant tout dictée par des impératifs économiques. « Un job à plein temps ». C’est ainsi qu’Inès Bensala décrit son quotidien dans l’appartement familial, situé sur les hauteurs de Cannes.La jeune fille ne chôme pas, entre la toilette, les repas et les soins de sa grand-mère. Agée de 74 ans, Taklit est, en effet, devenue non voyante et paralysée à la suite d’une tumeur au cerveau, diagnostiquée tardivement et mal traitée.

Pour Inès, « le plus délicat, c’est le côté humain. Ma grand-mère n’accepte pas sa perte d’autonomie et d’intimité. Elle se sent coupable de nous donner tant de travail et elle a l’impression d’être une charge pour notre famille ».

Pourtant, la jeune femme ne veut pas entendre parler d’un placement en maison de retraite : « Nous n’avons pas les moyens. De plus, ça ne fait pas partie de nos convictions. Nous avons l’habitude d’assumer nos anciens et de les accompagner jusqu’au bout. Ces quatre dernières années, ma grand-mère n’a effectué qu’un seul séjour en maison de repos, à la suite d’une opération ».

Un coût important

Maintenir une personne âgée dépendante a un coût. Médecin, trajets en ambulances, séances de kinés, équipements… la note peut rapidement grimper pour les foyers qui font ce choix. C’est ce que confirme Nadia, la mère d’Inès : « entre l’achat d’une baignoire adaptée et d’un lit médicalisé, nous avons dû débourser près de 3 000 euros l’an passé. L’allocation d’autonomie accordée par l’Etat suffit à peine à couvrir les dépenses quotidiennes ».

Aussi, la famille attend beaucoup du chantier sur la dépendance, ouvert aujourd’hui par la ministre des solidarités Roselyne Bachelot et déclaré priorité nationale par le président de la République.

Grégory Parigi