Cyril Duforestel : croque-mort du jeu vidéo

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Cyril Duforestel, au cœur de son « laboratoire »

A La Gaude, Cyril Duforestel, gérant de Vintage Video Game, époussette les vieilles consoles de jeux vidéo depuis maintenant 6 ans. En un court laps de temps, il est devenu le chirurgien du circuit imprimé de la côte d’Azur

Implantés dans un écrin de verdure face à la multinationale IBM, les locaux de Cyril Duforestel, 25 ans, ne payent pas de mine. Et pourtant, c’est une véritable caverne d’Ali Baba. Dans un bric-à-brac des plus méthodiques, les étagères de Vintage Video Game recèlent des artefacts technologiques à faire pâlir plus d’un collectionneur de jeux vidéo. Il faut dire, le jeu vidéo « vintage », comme il aime le dire, c’est sa came, son business, à Cyril.

Loin des commerces spécialisés dans l’industrie vidéoludique, Vintage Video Game est avant tout une affaire de famille et de passion. Créée en 2006, la petite SARL restaure les jeux et les consoles déchues. De la très ancestrale Atari à la survitaminée Playstation 3.

Le nécromancien des « vieilles bécanes »

« Notre boulot, c’est de restaurer les vieilles machines, les cartouches et les CDs de jeux, informe Cyril, mais nous sommes aussi des fous du jeu vidéo », sourit-il. Son cheval de bataille ? Donner une seconde vie à ces « objets. »

Manettes démontées, boutons ci-et-là, câbles hirsutes, consoles éventrées, CDs égratignés. Dans son bloc opératoire, Cyril Duforestel dissèque les « vieilles bécanes » avant de les nettoyer, les poncer, les réparer et les ressusciter. Le résultat est bluffant. Comme neuves, les Game Boy et autres Super Nintendo resurgissent du passé. Les CDs, eux, sont exemptés des stigmates du temps.

La recette du succès

Débrouillard, l’autodidacte a sa technique bien à lui pour dénicher les vieux appareils. Vides-greniers, internet, donateurs, Cyril ratisse les quatre coins de la France pour trouver sa matière première : « On prend de tout ! Fonctionnel, abîmé. Tout est bon à prendre. Les gens viennent même nous apporter leurs machines, ils sont surpris du prix qu’ils peuvent en tirer. »

« Notre communication se résume aux réseaux sociaux, explique Cyril, nous avons également participé au salon Replay. Nous avons fait de belles rencontres. »

Car, si l’affaire de Cyril roule, c’est aussi grâce au bouche-à-oreille et aux nombreuses amitiés qu’il entretient via des soirées gaming : « Nous allons célébrer la restauration de nos locaux lors d’une soirée retro-gaming où les gens pourront discuter tout en jouant. »

Le marché de l’occasion, un marché en plein essor

« Notre clientèle est très fidèle. Elle est contente de voir la façon dont nous traitons les jeux vidéo, on les choie », s’amuse-t-il. Les débuts ont été difficiles pour Cyril, mais le marché de l’occasion est « en plein essor. »

Via sa boutique en ligne, Cyril a quelques « 500 commandes à traiter cette semaine. » Faire de sa passion son métier ? « Une chance, avoue-t-il, mais c’est également, un coût, du travail et du sacrifice. »

Vintage Video Game, au-delà de revendre de vieux jeux neufs, envisage même des prestations de service : « On va lancer des forfaits réparation de vieilles bécanes pour la modeste somme de 30€. »

Olivier Deluermoz