Cyclisme : les enjeux des aveux d’Armstrong

0
439

Fautes avouées, à moitié pardonnées ?

 Octobre 2012, la terre a tremblé dans le monde du cyclisme. Lance Armstrong a été convaincu de dopage, et déchu de ses titres. Il pourrait prochainement faire des aveux, mais quelles en seraient les conséquences ?

 Complexe. C’est sans doute le meilleur qualificatif pour définir l’affaire Lance Armstrong. Déchu de ses sept titres de Tour de France et radié à vie de toutes compétitions par l’UCI (Union Cycliste Internationale), le recordman de la grande boucle serait prêt à faire un mea culpa lors du Oprah Winfrey Show. Mais le Texan sait que ce ne sera pas sans casse.

 Sportif dans l’âme

L’une des premières conséquences de ses aveux seraient de voir l’UCI réduire sa peine de radiation à vie. En ligne de mire ? Pouvoir retrouver une licence, en triathlon, les premières amours du sportif avant de devenir coureur cycliste professionnel.

Souvenez-vous, le Texan avait été interrompu dans son entraînement dans l’aire niçoise alors qu’il se préparait pour l’Iron Man 2012. Des discussions ont été entreprises entre le directeur de l’Usada (Agence américaine antidopage) Travis Tygart et Lance Armstrong. Celui qu’il l’a déchu pourrait bien lui sauver la mise. Si le coureur avoue des méfaits de l’UCI, la radiation à vie de toute compétition officielle, pourrait se voir commuer en une radiation temporaire de 4 à 8 ans.

Lance Armstrong déchu de ses 7 titres (Crédit Photo : lecoinsport.com)

Business, notoriété et condamnation

Qu’on se le dise, jusqu’à sa chute, Lance Armstrong représentait le summum du sport à l’échelle mondiale, ses aveux serviraient donc à laver sa réputation. Mais c’est sans compter sur la pression des sponsors et des investisseurs qui menacent de se retirer de ses associations, et de le rayer de leurs contrats. Longtemps symbole pour l’AMA (Agence Mondiale Antidopage), Lance Armstrong pourrait passer aux aveux en succombant aux sirènes médiatiques. Néanmoins, le danger demeure. Après avoir juré sous serment lors de ses procès, ne pas avoir eu recours à des produits dopants, ses confessions le condamneraient à une peine de prison indéfinie.

Le cas de Marion Jones est la meilleure illustration. En 2007, la sprinteuse américaine a avoué s’être dopée aux stéroïdes, après avoir juré sous serment ne jamais y avoir eu recours. Une déclaration qui lui aura valu 6 mois de prison, pour parjure.

 Repenti et remise en question

Que Lance Armstrong avoue ou non sa tricherie, sa carrière en a pris un coup. Ce sera difficile pour le Texan de relever la tête mais ce sera l’occasion pour le monde du cyclisme et du dopage de tirer les choses au clair. L’AMA a d’ores-et-déjà promis une rigueur absolue dans les futurs contrôles, dans toutes les compétitions officielles, et promet un regain de prévention dans toutes les fédérations. Ce cataclysme lance un pavé dans la mare, et il ne reste plus qu’à Lance Armstrong de prendre la bonne décision : au nom du sport, ou des médias…

    Lysiane Tréguier