Course auto Nascar – Michel Disdier ou le rêve réalisé

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Il va rouler sur le circuit le plus prestigieux des États-Unis. En février prochain, Michel Disdier sera au départ à Daytona pour l’ouverture de la saison. Et cette fois-ci le Français prendra l’aspiration des meilleurs. Car c’est bien la Nascar Nationwide qui va l’accueillir. Un accomplissement pour ce pilote prédestiné à accomplir son rêve. Un rêve hors du commun et parfois insensé.  

Michel Disdier va courir à Daytona. Et cette fois ce ne sera pas en ARCA comme ici, en 2013. Mais bel et bien en Nascar. Le summum.

Pantalon belge Jack & Jones, petite chemise, gilet bleu marine, chaussure de ville, Michel Disdier soigne son style. Avec sa montre en argent, sa barbe rasée, et ses cheveux bien coiffés, l’impression laissée est propre. À première vue l’homme a tout du parfait gentleman. Derrière cette allure élégante se cache un pilote atteignant des pointes à plus de 320 km/heure.

Une envie sans limites

Souriant, blagueur et disponible, il sait se faire apprécier. Une qualité dans son milieu. Il y a dix ans il décide de réaliser son rêve : piloter en Nascar. Là où roulent seulement les Américains. « Au début on m’a pris pour un fou », plaisante-t-il. Il a fallu trouver des budgets, démarcher des sponsors, se faire un réseau. Il apprend d’autres notions afin de courir sur ces fameux circuits ovales. Marketing ou encore négociation viennent compléter un vocabulaire en anglais très faible. « J’ai débarqué en Amérique avec mes 3 mots d’anglais, mon baluchon et mon envie ».

Virtuose des autos-tamponneuses

Motivé, le garçon l’a toujours été. « Gosse, je faisais la course dans les autos-tamponneuses. Tout le monde essayait de se rentrer dedans. Moi non. Je préférais tourner en rond en essayant d’esquiver les autos », lâche-t-il. Les pilotes ont parfois du mal à expliquer pourquoi ils le deviennent. Ce métier rassemble des gens aussi fous que rationnels. À 11 ans, Michel Disdier récupère un double des clés de la voiture familiale. Il attend d’être seul et va conduire dans les montagnes. « C’était ma façon d’apprendre à rouler. Je pensais que je faisais vieux. Je me disais que si je croisais la police ça passerait. Aujourd’hui quand je vois les photos d’époque… Heureusement, je n’ai jamais croisé personne », rigole-t-il. Michel Disdier est fou.

La peur de tomber

Adolescent, il travaille tout un été pour s’offrir sa première moto avec laquelle il court de 14 à 18 ans. En moto, il l’avoue sans complexes, il « avait peur de tomber. Je calculais tout pour éviter la chute. Les virages, les courbes, les sauts. J’étais très prévoyant », glisse-t-il. Michel Disdier est rationnel. Obligatoire pour réussir dans un sport où les contacts sont permanents. Les voitures peuvent profiter des aspirations voire se toucher. «On peut pousser le mec de devant. C’est très précis. Faut avoir confiance. On n’est jamais seul, jamais tranquille. Il y a toujours une voiture à droite, à gauche, devant ou derrière », explique-t-il. Michel Disdier est fou, Michel Disdier est rationnel. La vérité ? Michel Disdier est surtout pilote de Nascar.

JS. Dusser