Compter avec la presse régionale

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A l’heure des médias de masse, des journalistes stars, de la mise en scène de l’information, l’image de la presse locale souffre. Elle ne fait plus rêver les apprentis journalistes. Elle n’est plus vue comme une source d’information à la hauteur des médias modernes, des grandes chaînes d’information et du web.

Pourtant, non seulement la Presse Quotidienne Régionale (Ouest-France, Nice-Matin, Le Parisien et bien d’autres) reste une source d’informations de qualité avec une vraie valeur ajoutée, mais elle est peut-être l’un des bastions du journalisme de terrain. C’est en effet au niveau local que le journaliste a le plus l’occasion d’établir le contact avec ses sujets mais aussi avec son lectorat. Il y écrit sur les gens qu’il côtoie pour des gens qu’il côtoie. Car si le travail de journaliste implique de plus en plus les relations immatérielles (interview téléphonique, enquête par courriers électroniques interposés), plus qu’ailleurs le contact avec les gens demeure essentiel. Car si au niveau national nos interlocuteurs sont souvent habitués aux relations avec la presse, établir le contact avec les acteurs locaux souvent méfiants vis-à-vis des médias est un vrai enjeu.

L’atout du local

Les classements les plus récents mettent en avant la progression de la presse locale et spécialisée par rapport à la presse nationale. Car à l’heure où les gens achètent de moins en moins de journaux papier, la spécialisation et la localisation est un atout.

A côté de cela, l’aspect qualitatif de la presse locale se traduit par sa réactivité et sa connaissance du terrain. Là où les profanes voient le romantisme du métier de journalisme dans le contact avec le fait divers, le scoop, il faut rappeler que les journalistes locaux sont toujours les premiers sur les lieux et souvent les mieux informés du contexte. La presse locale est également souvent la première avec laquelle l’étudiant en journalisme sera en contact, via les partenariats entre son école et les journaux régionaux. La proportion d’étudiants engagés dans des journaux de PQR dès la fin de leurs études parle d’elle-même.

Aussi, les futurs journalistes ne doivent pas voir leur avenir que dans les médias nationaux mais dans l’ensemble des métiers de la presse, l’ensemble de ses supports, l’ensemble de ses immenses possibilités.

Victor LEFEBVRE