Ces instituteurs azuréens qui boycottent les devoirs

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Pour éviter les inégalités, des enseignants azuréens ne distribuent pas de devoirs à la maison à leurs élèves de primaire. Une perception du travail scolaire qui correspond à celle de la FCPE. Depuis lundi, cette association de parents d’élèves a lancé la campagne « Ce soir, pas de devoirs ».« Je refuse de donner des devoirs à mes élèves par conviction », témoigne Yannick. Comme ce jeune instituteur du primaire, ils sont nombreux sur la Côte d’Azur à rejeter l’idée du travail à la maison pour les écoliers. Et ils n’ont pas attendu la campagne « Ce soir, pas de devoirs », lancée ce lundi par la FCPE et l’ICEM, pour le refuser. « Le problème, c’est que cela creuse clairement les inégalités », ajoute Yannick.

Les devoirs à la maison interdits par la loi

Cependant, il raisonne toujours en fonction de l’établissement dans lequel il se trouve. « Si je suis dans un milieu social hétérogène avec des disparités, je ne donne jamais de devoirs ».

Et il est dans son droit, car comme l’explique Daniel Cailler, président de la FCPE de Nice : « Une circulaire de 1956 proscrit les devoirs à la maison en primaire ». Lui aussi souhaite que les enfants soient sur un pied d’égalité. « A la maison, tous les parents ne sont pas égaux face aux systèmes qui peuvent être mis en place sur le suivi des devoirs à la maison ».

La pression des parents et des collègues

C’est aussi pour cette raison que Véronique Gazagnaire évite de donner du travail. « Si cela ne tenait qu’à moi, mes élèves n’auraient jamais de devoirs », raconte cette institutrice de l’école primaire de Vence. Contrainte par la pression des parents, elle concède à en donner un soir sur deux. « Mais c’est aussi dû à mes collègues de l’étude surveillée qui s’étonnent de voir mes élèves sans travail certains soirs».

Du côté des syndicats de professeurs, on reconnaît que le phénomène existe mais qu’il est difficile à quantifier. « L’initiative de la FCPE est intéressante », avoue Laurent Bernardi pour la SNUipp 06. Avant de lancer un autre débat : « Il faudrait cependant en profiter pour revenir sur le calendrier scolaire beaucoup trop chargé».

Pierre Peyret. J3PE