Ce qu’il faut savoir avant la « Nuit debout » organisée vendredi à Nice

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Rassemblement à Nice contre la loi Travail, le 9 mars 2016. ©V.C.

Né dans la continuité des mobilisations nationales du 31 mars 2016 contre la loi Travail, le mouvement « Nuit debout » continue son combat. Ce vendredi 9 avril, il débarque à Nice. Les manifestants se réuniront place Garibaldi à partir de 20h. 

Nuit debout, c’est un mouvement dit spontané. Le but: lutter contre la loi El Khomri, la précarité et les problèmes de la ville.

A Nice, tout a commencé par un message Facebook lancé dimanche par Nico Sanka, éducateur de formation et photographe de rue, et Pascal Reva, musicien. L’idée leur est venue en suivant, via les réseaux sociaux, le déroulement à Paris, et dans les autres villes de France. «Ça a été un ras-le-bol de tout. On s’est dit ‘pourquoi pas nous’, alors on a créé la page Nuit debout Nice», explique Nico Sanka.

Dans la foulée, les organisateurs ont reçu plusieurs messages d’aide et de soutien. «C’est avant tout un mouvement solidaire. On s’est mis en place avec les syndicats, les collectifs de jeunes et toutes les personnes concernées».

Nadège Bonfils, ex-militante niçoise Europe-Ecologie-Les-Verts a alors rejoint le mouvement. «Je suis directement entrée en contact avec les organisateurs. Autant s’unir.» Son rôle: diffuser et nourrir le message. Également coordinatrice du Conseil d’urgence citoyenne, elle ajoute: « On m’avait appelé le 31 mars pour informer la population, mais des syndicats ont fait barrage. Aujourd’hui nous sommes déterminés».

Créer un modèle de société

«C’est avant tout un espace de dialogue et de débat», appuie Nico Sanka, qui précise agir «à titre indépendant pour réveiller les consciences.» Selon lui, l’objectif est de regrouper toutes les personnes en un seul lieu pour faire avancer les choses.

L’ex-militante écologiste, elle, accentue: «On veut reprendre le contrôle démocratique du pays. Si on est pas là tous ensemble en tant que citoyens, on ira pas loin.» Une Assemblée Générale devrait être organisée vendredi soir autour de plusieurs questions: «Qu’est-ce qu’on peut faire concrètement? Peut-on créer un modèle de société ? Comment mettre en place un plan d’action général pour la manifestation de samedi?», annonce Nadège Bonfils.

Une sécurité renforcée

On compte plus de 450 participants, sur la page Facebook «Nuit debout Nice». «C’est beaucoup, mais il faut voir ce qui se passera réellement sur place», lance Nadège Bonfils. Sans compter les 1.200 personnes intéressées qui ne sont pas actives sur les réseaux sociaux. «Je suis dans une statistique de 600 personnes, mais je vous avoue qu’on ne s’attendait pas du tout à ça», indique Nico Sanka.

Pour sécuriser l’évènement, les organisateurs ont contacté la ville de Nice afin de leur mettre à disposition des barrières de sécurité «pour bloquer Garibaldi», ainsi que des bénévoles pour la sécurité. «On essaie de faire notre mieux, du moment qu’il n’y a pas de violence et de récupération ça nous va». Le jeune homme espère même «conserver» le mouvement sur plusieurs jours.

Valentine Carrey