« Café suspendu », payez-en un pour le prix de deux

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Le concept du «  café suspendu » s’installe peu à peu sur la Côte d’Azur. L’idée, payer pour deux et permettre à une personne dans le besoin, de partager un peu de chaleur et de réconfort autour d’un café.

Consommer un café dans un bar et en payer un autre pour une personne dans le besoin. C’est le principe du « café suspendu » ou « café en attente ».  Cette idée solidaire vient d’Italie. A Naples, le caffè Sospeso est une institution.  Le concept s’est exporté via les réseaux sociaux dans de grandes villes françaises comme Paris, Grenoble ou Nantes. Sur la Côte d’Azur, quelques enseignes ont rejoint le mouvement. Le Gainz’Bar situé à Nice sur le boulevard de Cessole, propose des cafés suspendus à ses clients depuis plus d’un an. « Ça fait 21 ans que je travaille ici. C’est un quartier très populaire. Je vois des gens dans la misère tous les jours.  Je sais qui est dans le besoin et qui ne l’est pas.» confie Mireille Berri, gérante du Gainz’Bar. Et la solidarité ne se limite pas qu’aux cafés.  « L’hiver dernier, ça a tellement bien marché qu’on a étendu le concept aux sandwichs et aux plats du jour » poursuit Mireille Berri.

Lorsqu’un client décide d’offrir à un autre une consommation gratuite,  il débourse l’argent nécessaire et celle-ci est mise en attente. La consommation prépayée est ensuite répertoriée sur une ardoise à l’entrée du bar. Elle pourra être remise soit à un SDF, une personne âgée, un étudiant ou une mère de famille qui élève seule ses enfants.

Ardoise du Gainz’Bar à Nice. Les clients nécessiteux peuvent bénéficier d’un café, d’un sandwich ou d’un plat du jour gratuitement. (Crédit photo : Jérémie Bac)

 « Il y a plus d’offres que de demandes »

Ce concept de solidarité séduit les commerçants comme les clients. Sylvain habitué du bar, laisse régulièrement des cafés en suspension. « Je sais que la consommation payée en plus, servira à quelqu’un dans le besoin.  Il pourra manger un sandwich, prendre un repas chaud ou boire un café. Et j’aime cette idée ». Malgré ces élans de générosité,  certains nécessiteux  éprouvent de la honte face à leur situation précaire. Et n’ose pas demander cette aide.  Paradoxalement il y a donc plus d’offres que de demandes.  Lors de notre reportage dans le bar, 25 cafés, deux sandwiches et un plat du jour étaient en attente.

Le concept fait des émules et se diversifie. En France, une trentaine de boulangeries ont repris cette idée et proposent des baguettes « suspendues ». Mireille Berri s’en réjouit « Ça devait s’exporter dans tous les domaines pas seulement dans les cafés et les boulangeries ».

Jérémie Bac et Marion Dutheil


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