Budget européen : un « compromis » pour Cazeneuve, une « mise en minorité » pour Lellouche

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La semaine dernière, les chefs d’États européens ont décidé du premier recul dans l’histoire des budgets de l’Union européenne. Bernard Cazeneuve, ministre délégué aux Affaires européennes, dédramatise la situation. Pierre Lellouche qui jouait ses contradicteurs lors de l’Assemblée Marianne de Nice pense, lui, que les difficiles relations entre Angela Merkel et François Hollande ont joué un rôle clé dans la décision finale.

Le candidat François l’avait promis : il disait vouloir défendre un « budget européen (2014-2020) au service des grands projets d’avenir ». Le président Hollande, lui, a adopté un budget d’austérité de 908 milliards d’euros ! Soit une baisse de 3,7 % par rapport au précédent. Après n’avoir obtenu qu’un faible volet croissance au traité Merkozy qu’il prétendait pourtant vouloir« renégocier », François Hollande subit donc un nouveau revers européen de taille.

« C’est un compromis de la France et de l’Allemagne dans le but de n’isoler personne. En plus, le chiffre pourrait monter à 960 milliards », rassure Bernard Cazeneuve, de passage à Nice dans le cadre du colloque « argent et éthique ». Sans doute, le ministre délégué aux Affaires européennes aura oublié de préciser que cet accord budgétaire est parti d’une initiative anglaise, de David Cameron, rejoint ensuite par Angela Merkel.

Donnée que ne manque pas de rappeler le député UMP Pierre Lellouche qui occupait, sous la présidence de Nicolas Sarkozy, le même poste que Bernard Cazeneuve : « Pour la première fois, la France est mise en minorité. C’est le résultat d’une relation, pas très bonne, entre Merkel et Hollande et des désaccords de fond entre les deux. » Comme si le couple Nicolas-Angela n’avait lui connu que de douces et tendres relations. Comme si des bises échangées entre chefs de l’Etat garantissaient une entente politique véritable…

Reste que les députés européens pourraient venir en aide au président français. Ils refusent, pour l’instant, et à raison, de voter ce budget qu’ils jugent trop austère. Eux, au moins, ont le courage d’aller au bout de leurs convictions.

Thimoté Garcin

Crédit photo : Sipa