Bruno Cras : le flambeur de toiles

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Vendredi, le monsieur cinéma d’Europe 1 a rendu visite aux étudiants de l’école du journalisme de Nice. Les journalistes en herbe l’ont interrogé sur le rôle du critique cinéma

Les étudiants de l’école du journalisme ont eu la chance de questionner l’unique critique cinéma d’Europe 1 : Bruno Cras. Et ils se sont démenés comme des diables dans un bénitier !

Malgré le Festival de Cannes, le cinévore a consacré une heure et demie de son temps aux journalistes en devenir.

Critique cinéma, le poids des responsabilités

Véritable boulimique de la bobine, Bruno Cras a englouti un nombre colossal de films au cours de sa carrière de critique cinéma : « J’ai visionné plus de 9000 films », confesse-t-il. Abyssale, la quantité de films ingérée légitime aujourd’hui son statut de critique cinéma, « Je sais quand un film est bon ou mauvais », affirme Bruno Cras. Souvent remis en cause, le critique cinéma tient une position « inconfortable, explique-t-il, nous ne sommes pas faits pour dire si l’on aime ou pas un film. Mais pour dire si c’est bien ou non. »

L’audace : un facteur essentiel

« Je ne fais pas partie de ceux qui descendent un film, jure Bruno Cras, mais je peux descendre un Godard », ajoute-t-il. Audacieux, le monsieur cinéma « laisse de côté » ses affects lors d’une projection : « Quand un film commence, j’essaye de comprendre l’intention du réalisateur. »

Fer de lance des films, les critiques cinéma sont courtisés par les attachés de presse et les réalisateurs : « Souvent, on vient nous demander ce que l’on a pensé d’un film », révèle Bruno Cras. Loin d’être corrompu, il avoue « qu’un film mauvais peut lui plaire. »

Le 66ème Festival de Cannes : « un bon cru »

Lorsque les étudiants de l’école du journalisme de Nice l’interrogent sur le 66ème Festival de Cannes, Bruno Cras estime qu’il s’agit « d’un bon cru. »

« Le Festival de Cannes n’est-il pas devenu une machine médiatique ? », lance un étudiant. Loin des paillettes et du tapage médiatique, Bruno Cras affirme être loin de tout ça, il est « dans sa bulle. » Selon lui, « le grand show médiatique du Festival a été recentré. La force du Festival de Cannes tient à 70% dans les films présentés. » Sur 350 films visionnés au cours d’une année, « les 20 meilleurs sont diffusés à Cannes. »

Néanmoins, Bruno Cras avoue être déçu par certaines célébrités qui enchaînent des interviews express.

Olivier Deluermoz