Biathlon : Vincent Jay : « Il fallait se rendre à l’évidence »

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Vincent Jay a disputé dimanche, à seulement 27 ans, sa dernière course en Coupe du monde lors du relais d’Hochfilzen, en Autriche. Le Savoyard assure ne pas arrêter sur un coup de tête.

Que ressentez-vous après cette retraite ?

Pour l’instant c’est trop frais pour que je puisse avoir du recul par rapport à cela. Depuis l’annonce de ma retraite, j’ai beaucoup de sollicitations médiatiques et de choses à gérer. Mais c’est une bonne chose, je n’ai pas le temps de cogiter !

Justement, cette décision est-elle mûrement réfléchie ?

Bien sûr ! Je ne suis pas du genre à prendre une décision à la légère. Ce n’est absolument pas sur un coup de tête que j’ai choisi d’arrêter.

Dans ce cas-là, pourquoi ne pas avoir arrêté à la fin de saison dernière ?

J’y avais déjà pensé… Mais j’ai voulu tenter de rempiler une année, voir si je pouvais continuer. Le début de saison a été très compliqué. Je savais que je ne pourrai pas revenir à mon meilleur niveau. J’aurais tellement voulu défendre mon titre à Sochi en 2014 (lieu des prochains J.O d’hiver, ndlr) mais il fallait se rendre à l’évidence. Je suis convaincu que j’ai fait le bon choix.

Il n’y a donc vraiment aucun regret ?

Non, je préfère retenir les magnifiques moments que j’ai vécus. Bien sûr il y a le titre olympique que j’ai obtenu à Vancouver en 2010. Mais ma carrière ne se résume pas qu’à cette médaille d’or, loin de là. J’ai vécu tellement de belles choses au sein de cette véritable famille du biathlon. Je ne retiens que du bon de ma carrière de biathlète.

On vous sent très attaché à votre sport. Allez-vous continuer à jouer un rôle au sein du biathlon ?

J’ai fait partie de la famille du biathlon, j’en fais partie et j’en ferai toujours partie. J’ai consacré 17 ans, soit plus de la moitié de ma vie à ce sport, et je continuerai de tout faire pour le développer. Mais je ne sais pas exactement dans quel rôle. Peut-être en tant qu’entraîneur ou dans le rôle de consultant pour une chaîne de télévision. J’étudie toutes les propositions et je prendrai le temps d’y réfléchir.

Vous finissez votre carrière sur un relais. Était-ce quelque chose qui vous tenait à cœur ?

C’était quelque chose de primordial pour moi. Pendant 17 ans, j’ai passé 200 à 250 jours par an avec mes coéquipiers. On a partagé tellement de choses ensemble que je voulais finir sur une performance collective. En plus, il y a une deuxième place au bout derrière la Norvège qui était, de nouveau, imbattable ou presque (rires).