Biathlon – Sandrine Bailly, Eurosport : « J’ai confiance en elles »

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Marie Dorin, leader de l'équipe de France. DR

La saison de biathlon bat son plein. Sandrine Bailly, consultante sur eurosport, revient sur le début de saison de l’équipe de France féminine.

 

Sandrine Bailly, comment peut-on expliquer la contre performance du relais féminin mercredi à Ruhpolding ?

Le relais est une course d’équipe et nous savons que malheureusement, si une des 4 flanche, le relais est compromis. Hier, Marie-Laure Brunet était un peu moins bien physiquement. Elle a perdu du temps d’entrée de jeu. Après, il y a eu quelques pioches et le retard s’est accumulé. Mais il faut retenir beaucoup de positif sur ce relais. Sophie Boiley est allé très vite en ski. Elle a le 2e temps de ce relais. Belle performance de Marine Bolliet qui n’a pas flanché. Idem pour Anais Bescond. 

Je ne veux pas parler de « contre-performance » mais plutôt d’un relais un peu moins bon que les autres.

Selon vous, pourquoi Marie-Laure Brunet n’arrive pas à passer le cap en ski ?

Marie-Laure a commencé très jeune le circuit coupe du monde. Elle a très vite participé à toutes les compétitions. Mais parfois, le corps dit stoppe. Elle est allée au delà de ses limites en fin de saison 2011 et depuis, la forme est en dent de scie.

Elle fait tout ce qu’elle peut à l’entraînement pour gagner ces quelques secondes qui lui manquent pour atteindre le sommet. Son tir reste exemplaire. Mais elle accuse parfois le coup. Quand le corps se rebelle, il faut savoir être sage et patienter. Une chose est certaine, c’est elle qui souffre le plus de cette situation et en véritable professionnelle qu’elle est, elle fait tout ce qu’elle peut pour retrouver son ski et le faire progresser. 

Après un bon début de saison, l’équipe de France féminine s’essouffle un peu. Comment l’expliquez-vous ?

Encore une fois, on ne peut pas parler d’essoufflement après seulement un relais en dehors du podium ! Au vue des résultats de chacune, je pense qu’au contraire, les filles vont bien et devraient faire parler d’elles en individuel. 

Marie Dorin était absente lors de ce relais, y a t-il une Marie Dorin dépendance ?

Non. Certes, Marie a été la seule pour le moment à monter sur la 3e marche du podium en individuel et à chaque fois en relais. Cependant, sur une épreuve comme le relais, qui est courte ( 6km) et avec des balles de pioches, je pense que chaque fille peut sortir son épingle du jeu, prendre confiance et prouver qu’elle a son rôle dans le groupe. Marie n’est pas l’arbre qui cache la forêt, loin de là. 

Que pensez-vous des autres filles qui poussent derrière ? Anais Bescond, Sophie Boiley, Marine Bolliet…

Du potentiel pour chacune. J’attends que Sophie passe le cap et se révèle encore plus. J’attends qu’Anais vienne toucher ce podium qui lui tend les bras. Et j’attends que Marine soit encore plus ambitieuse et « méchante » dans l’adversité. J’ai confiance en elles. 

Vous qui les côtoyez souvent, quelle est l’ambiance dans le groupe ?

Bonne. Il n’y a pas de mauvais esprit dans cette équipe. Chacune est différente. Elles ont su s’accepter et faire en sorte de bosser ensemble plutôt que de se tirer dans les pattes.

Quel bilan général tirez-vous de ce début de saison ?

Positif. Quand Marie-Laure est moins bien, c’est Marie qui se montre avec Anais, Marine et Sophie. C’est ça une équipe. Il manque des podiums en individuel mais je sais que d’ici la fin de saison, la roue aura tournée.

Pierre-Alix Faivre