Benoit Guglielmi : « En arrivant, je savais que je ne savais rien »

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Benoit Guglielmi, ancien étudiant de l'EDJ, professeur de média réel web journalisme.

Journaliste à Nice Matin, RMC, Metro, Radio France, 20 minutes et Monaco Sport, Benoit Guglielmi est féru de presse web. Mais pas que. Ancien étudiant de l’EDJ, il l’a quittée pour mieux y revenir : en temps que professeur de Média Réel Web journalisme. Portrait.

Propos recueillis par Caroline Sellier

Caroline Sellier : Depuis quand êtes-vous sorti de l’école ? Quelle était votre « spécialisation » ?

Benoit Guglielmi : Je suis sorti depuis 2007. J’étais en presse écrite. Il faut dire qu’à l’époque, il y avait uniquement le choix entre écrit et audiovisuel.

C.S : Quel est votre parcours universitaire ?

B.G : Je suis resté longtemps à la FAC, où je me suis beaucoup « cherché ». J’ai d’abord fait un an de droit, mais de travers. Puis quatre années de philo, ma véritable formation. Et la meilleure idée que je n’ai jamais eue… Comme je ne souhaitais pas devenir prof de philo, je me suis arrêté au milieu du Master et j’ai bifurqué en histoire, où l’on me proposait de rentrer directement en 3ème année. Mais ce n’était pas fait pour moi, ou je n’étais pas fait pour ça. Six ans après le BAC, je me suis donc inscrit à l’EDJ.

C.S : Et professionnel ?

B.G : Pendant mes études, j’ai fait quelques stages, notamment à l’Avenir Côte d’Azur et surtout Nice-Matin. Puis, à la sortie de l’école, je me suis fait embaucher par Actufoot06

Benoit Guglielmi, ancien étudiant de l’EDJ, professeur de média réel web journalisme.

. J’y ai rapidement gravi les échelons puisque, dix mois plus tard, j’en étais rédacteur en chef. Ce qui m’a permis d’accompagner la mutation du media, passé du papier au web dès 2008. Au total, j’y suis resté quatre ans. En parallèle, j’ai fait de la pige plus ou moins régulièrement pour plusieurs médias locaux et nationaux comme Radio France, RMC, 20 Minutes, Monaco Sport… J’ai quitté Actufoot06 en 2011. Depuis septembre, je collabore au site web de Nice-Matin.

C.S : Pourquoi venir enseigner à l’EDJ ?

B.G : Je n’y aurais jamais songé si on ne me l’avait pas proposé. Et à vrai dire, je m’interroge encore sur les raisons qui m’ont poussé à relever le challenge. Cette satanée curiosité, sans doute… Une chose est sûre : pas une seconde je ne l’ai regretté. Je ne sais pas pourquoi j’ai accepté. Je sais en revanche ce que j’y ai trouvé : un plaisir énorme à côtoyer de futurs confrères, leur parler du métier, décrypter avec eux l’actualité, appréhender l’écriture journalistique, se familiariser avec les nouveaux outils…

C.S : Pourquoi avoir choisi le web ?

B.G : Là encore, difficile de répondre. Mais quel que soit le support, que ce soit son, image, écrit, ou les trois réunis grâce au web, le métier reste le même. Et sans conteste, le web est l’avenir de beaucoup de journalistes. Internet est un support très exigeant, car il nécessite une polyvalence du savoir-faire technique. Mais il offre tant de nouvelles possibilités, et tant de perspectives…

C.S : Est-ce que concilier journalisme et enseignement n’est pas trop difficile ?

B.G : Les deux activités sont à la fois ressemblantes et complémentaires. Ressemblantes car elles exigent toutes deux pédagogie et, oserais-je le mot, philanthropie. Complémentaires car l’enseignement permet de revenir aux fondamentaux du métier. Ces fondamentaux, c’est-à-dire curiosité, questionnement, rigueur, vérification de l’information, mise en forme attrayante, sont devenus des réflexes. M’y pencher de nouveau m’a aiguillé vers une autre réflexion sur mon métier, sur mon « rôle ». Une remise en question aussi, je dois l’avouer. En somme, j’espère avoir fait progresser mes étudiants autant qu’ils m’ont fait progresser.

C.S : Quels bons souvenirs gardez-vous de l’EDJ ?

B.G : Pour commencer, un excellent souvenir de tous mes enseignants. Christian Huault, Marie Boselli, Maurice Huleu, Stéphane Tardy, Brigitte Rénaldi, Alexandra Sansoni, l’excellent Jean-Pierre Toutain et tous les autres… Ils m’ont tant appris. En arrivant à l’école, je ne savais, comme Platon, qu’une seule chose : que je ne savais rien. Tout le reste, c’est à eux que je le dois ! Je garde aussi de très bons souvenirs de la plupart de mes camarades de promo. J’y ai forgé des amitiés solides et durables. Même si la distance et les agendas serrés nous éloignent, on se croise toujours avec autant de plaisir. Ils ont été mon premier « réseau », et restent l’un des plus précieux. D’autre part… C’est ici que j’ai rencontré celle qui est aujourd’hui mon épouse et la mère de ma fille.

C.S : Est-ce que vous conseilleriez à des étudiants qui sortent de l’école de venir y enseigner ?

B.G : Je suis incapable de répondre à cette question. L’enseignement est certes plaisant, mais aussi très prenant. Les cours sont longs et parfois fastidieux à préparer, et les piles d’articles à corriger font parfois courber l’échine. Mais pour rien au monde je ne les laisserais à d’autres !

 

Caroline Sellier