Badminton : sport ou loisir, il faut choisir !

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Discipline olympique depuis 1992, le badminton gagne de nouveaux licenciés chaque année. Mais la médiatisation ne suit pas. Chronique d’un sport en mal de reconnaissance.

Souvent dénigré, minimisé ou carrément mis de côté par la télévision, le badminton est le sport le plus pratiqué dans les collèges et les lycées. Il s’empare de la tête d’affiche en devançant le handball et le basket. Alors même s’il est boudé par les médias, ceux qui sont au cœur de l’action le défendent avec passion. Pierre Brunetti, président du Nice Université Club de badminton, témoigne : « On veut prouver que c’est un vrai sport et pas un jeu de plage. Peu de gens le savent, mais c’est le sport le plus intense au niveau du rythme cardiaque, juste derrière le hockey sur glace ». En effet, le badminton est un sport très exigeant tant sur le plan physique que mental. On le pratique sur le temps scolaire mais pas seulement. Les clubs sont des acteurs majeurs de son développement. Au début des années 2000, il n’y avait que 600 clubs en France. Ils sont désormais plus de 1800 à dispenser des cours et organiser des compétitions.

Dès l’école primaire, les cours de badminton sont pris d’assaut par les enfants.

Spectaculaire mais pas médiatique

Malgré l’engouement dans les clubs, sa consécration olympique aux Jeux de Barcelone et ses matches parfois surprenants, le badminton souffre toujours d’un manque de médiatisation en France. Et ce n’est pas Pierre Brunetti qui va dire le contraire : « C’est le sport de raquette qui va le plus vite. Le record du monde de service est établi à 420 km/h. Au contraire du squash ou du tennis, le volant ne doit pas retomber. En simple, sur un grand terrain, il faut se déplacer très rapidement », s’exclame-t-il. « C’est un sport qui offre du spectacle. Ce serait bien d’en voir un peu plus à la télévision mais je pense que ce n’est pas pour demain ». Cet été, on a quand même entendu parler de badminton sur nos écrans. Mais ce qui a vraiment fait le buzz, c’est ces 8 joueuses asiatiques (sud-coréennes, chinoises et indonésiennes) qui ont été accusées de tricherie. La Fédération Internationale de Badminton les a incriminées pour ne pas avoir tout donné pendant leurs matches, bafouant ainsi l’esprit olympique. Reflet médiatique peu flatteur pour ce sport qui apparaît pourtant comme un des plus « propres » aux yeux de ses pratiquants. Une publicité qui n’a sans doute pas donné envie à la presse sportive de s’y intéresser un peu plus. Seuls les sites spécialisés ou le magazine « France Badminton » permettent de rester à jour sur l’actualité badiste.

Maeliss Innocenti