Avant la crise des migrants, toutes ces fois où Hollande et Merkel n’étaient pas d’accord

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Angela Merkel et François Hollande ne sont pas toujours d'accord (crédit photo: Elysee.fr)

Ce jeudi, le 18e Conseil des ministres franco-allemand a lieu à Metz, en Lorraine. Il sera notamment consacré à la crise des migrants gérée de manière différente par les deux pays. Ce sujet n’est pas le premier point de discorde entre François Hollande et Angela Merkel. Retour sur leurs désaccords.  

« La politique d’ouverture des frontières d’Angela Merkel n’est pas tenable », a déclaré Manuel Valls dans la presse allemande, en février dernier. Les mesures prises à partir d’avril 2015 sur la crise migratoire opposent la France et l’Allemagne.

Hollande et Merkel n’ont pas la même vision pour gérer la crise. D’un coté, l’Allemagne a proposé un quota obligatoire de répartition des réfugiés. Une idée réfutée par la France. Pendant que Berlin mène une politique d’ouverture de ses frontières, Manuel Valls a annoncé le 13 février à Munich: « Nos capacités d’accueil sont limitées ». Paris rechigne à accueillir plus de migrants. Merkel s’est dit prête à recevoir 800.000 demandeurs d’asile en 2016.

Ils ne sont pas sur la même longueur d’ondes et ça ne date pas d’hier. Avant même son élection en 2012, François Hollande avait mentionné lors de sa campagne sa volonté de bras de fer avec l’Allemagne.

Une volonté concrétisée lors de son discours de victoire le 6 mai 2015. « Ma mission est de donner à la construction européenne une dimension de croissance, d’emploi, de prospérité, et c’est ce que je dirai à nos partenaires allemands ».

 

Sur la Syrie

L’avenir du président syrien pose problème. François Hollande veut le départ de Bachar Al-Assad pour mettre fin à la guerre civile. Angela Merkel souhaite communiquer avec tous les interlocuteurs  pour trouver une solution. Berlin n’est pas contre l’intervention russe en Syrie, Paris est plus réfractaire.

 

Sur le Grexit 

Berlin a démontré les avantages de la sortie de la Grèce de de la zone euro.  Elle a donc privilégié l’économie sur la politique et les objectifs stratégiques. La France a voulu dès le début maintenir la Grèce dans la zone euro.

 

Sur la crise ukrainienne 

La France a fortement milité en faveur des sanctions économiques envers la Russie, pour son annexion de la Crimée en mars 2014. L’Allemagne est pour la levée des sanctions. Le 17 mars 2016, le ministre allemand de l’Économie, Sigmar Gabriel, a demandé à l’Union européenne de créer d’ici l’été les conditions nécessaires à la levée de ces sanctions.

 

Sur les déficits français

La Commission européenne a accordé à Paris deux ans supplémentaires pour réduire son déficit public. Herbert Reul, le président du groupe de centre-droit allemand, a évoqué une «déception amère». Pour l’Allemagne, la France est une mauvaise élève. Elle n’a pas réussi à ramener son déficit public sous la barre des 3 % de son PIB annuel.

Pierre Moscovici, le commissaire européen, a proposé aux affaires économiques et monétaires de prendre en compte le coût de l’accueil des réfugiés dans le calcul des déficits publics de certains pays. Angela Merkel voit cette demande comme une volonté de la France d’échapper aux règles européennes.