Athlétisme : mort d’un colosse

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Yves Niaré était une véritable icône du lancer de poids français. Reuters

C’est toute la France de l’athlétisme qui est en deuil. Hier, Yves Niaré, recordman de France du lancer du poids, a trouvé la mort dans un accident de la route à seulement 35 ans.

Yves Niaré était une véritable icône du lancer de poids français. Reuters

Plus qu’un athlète, c’est un fer de lance du poids français qui nous a quitté mercredi matin. « C’est un drame qui me touche au plus haut point, d’une violence insupportable, s’est attristé Bernard Amsalem, président de la FFA, dans un communiqué. « Yves Niaré était un athlète attachant pour lequel nous avions beaucoup d’amitié« . Natif de Saint-Maurice (Val de Marne), marié, père d’une petite Océane, Yves Niaré laissera une trace indélébile dans l’histoire de sa discipline. Il était fait pour être lanceur de poids. Son père et entraîneur de toujours, Namakoro, était, dans les années 1970, le meilleur lanceur de poids et de disque malien. Plus que des capacités physiques, Namakoro a inculqué de véritables valeurs à son fils. « Yves, c’était un mec délicieux. Il avait cette bonne humeur caractéristique aux Africains. Son père y est pour beaucoup » déclare Patrick Montel, journaliste sportif à France Télévisions et ami d’Yves Niaré.

Un ambassadeur de poids

Deuxième Tricolore à avoir passé la barre mythique des 20m (après Yves Brouzet qui avait réalisé 20m20 en 1973, ndlr), Yves Niaré est devenu une véritable légende du lancer du poids français. Bourreau de travail, perfectionniste dans l’âme, le natif de Saint-Maurice n’a jamais perdu de vue son principal objectif : améliorer sa technique afin d’être toujours au contact des meilleurs. C’est pour cela qu’il s’est exilé un temps aux États-Unis, en 2008. « Il était comme dans un rêve. Là-bas, ils ont la même aura que les sprinteurs. Il voulait que les lanceurs aient la même reconnaissance en Europe » explique Patrick Montel. Yves Niaré a dévoué sa vie à l’athlétisme. « Il est venu me voir pour savoir comment faire pour développer son sport. Non pas pour avoir une reconnaissance personnelle mais surtout pour mettre le lancer du poids sur le devant de la scène médiatique», raconte la voix de l’athlétisme français.

Pierre Classen