Apple nous prend pour des pommes

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Effet d’annonce loupé n°… trop. Apple applique encore une fois le titillement des foules (teasing) en placardant lundi son site avec ce message : « Demain sera juste un jour comme les autres. Juste un jour que vous n’oublierez jamais. » Découverte de la nouvelle aujourd’hui : le public a droit aux Beatles sur iTunes. La communication d’Apple, ça fait « pschitt » comme dirait l’autre.La révolution selon Apple : « The Beatles. Maintenant sur iTunes » Certes les Beatles sont le groupe le plus vendu, connu, médiatique etc. des dernières décennies (si ce n’est de l’histoire de la musique). Ils conservent la deuxième place des ventes aux Etats-Unis pour ce début de millénaire alors que les quatre membres ont dissous le groupe en 1970. Mais Apple a surestimé l’effet sur les fans, ceux du groupe de rock comme ceux de la firme californienne. Car un fan de musique n’a pas attendu qu’iTunes mette en vente en ligne , il l’a au mieux achetée en magasin et le plus souvent il l’a téléchargée. Et les fans d’Apple attendaient le streaming sur iTunes. Grosse déception pour ces derniers.

Autre déconvenue, le prix de l’œuvre des quatre garçons dans le vent. L’intégrale des albums studios et des vidéos est à 149€. Cela reste raisonnable au regard de l’immensité du contenu. Mais 1,29€ par titre, c’est 30 centimes de plus que n’importe quelle autre piste sur iTunes . Pas de justification pour l’instant, sauf l’avidité des survivants et ayant-droit (Paul, Ringo et Yoko) qui ont retenu aussi longtemps que possible la digitalisation officielle des disques.

Derrière le buzz médiatique, Apple Inc et Apple Corp Ltd déclarent en réalité la fin des hostilités. Depuis 1978 la société de gestion des droits d’auteurs des quatre anglais assaillait la marque informatique de toutes sortes de procès. L’utilisation du même logo et du même nom en fer de lance. Difficile de distinguer les deux en effet. Pour rester fair-play, Apple ne devait pas développer son domaine musical. Accord rompu en 2003 avec la création d’iTunes. Apple Corp Ltd a réattaqué, obtenant des indemnités substantielles. Et a offert les Beatles à Steve Jobs qui se réjouit officiellement de la réalisation « d’un rêve vieux de dix ans ». Mais c’est surtout la fin de cette guerre, qui a coûté environ 50 millions de dollars à Apple, qu’il doit savourer.

Steve Jobs s’entête dans son mode de communication agaçant. Apple fait une annonce mystérieuse. Apple ferme les écoutilles jusqu’au jour J. Apple dévoile le mystère au public curieux et maintenu en haleine. Cela a fonctionné avec le Mac il y a 26 ans, l’iPod il y a 9 ans, l’iPhone il y a 3 ans. C’est assez. Du moins le produit dévoilé n’est pas assez révolutionnaire pour faire le coup. Après le problème technique de l’iPhone 4, la non-livraison des iPhones 4 blancs et ce dernier buzz-flop, le PDG d’Apple devrait appliquer à lui-même son slogan : « Think different ».

Carine Julia