Allô maman bobo !

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Une « crise sanitaire » menace les étudiants français. C’est le constat accablant de l’Unef et la Fage, syndicats étudiants. Ils remettent en cause l’augmentation de 7,4 % des frais de santé. A Nice, qu’en pense les principaux acteurs concernés ? La taxe de trop ? Le Parlement a voté l’alourdissement de la fiscalité des mutuelles concernant la santé à la rentrée. L’impôt spécial sur les conventions d’assurances passe de 3,5 à 7 %. La plupart des étudiants niçois sont inquiets et délaissent de plus en plus leur santé. Jordane, étudiante en droit confie « Je ne consulte jamais le médecin. Je n’ai pas les moyens d’avancer l’argent et mes remboursements traînent toujours ». Même constat pour Sophie, étudiante en médecine, « J’achète mes médicaments directement à la pharmacie. En quelque sorte, je « m’auto-guéris », ma santé n’est pas une priorité  ».

L’association étudiante FACE 06 dénonce un coup dur pour les jeunes. « C’est injuste ! Les étudiants défavorisés sont touchés en première ligne par cette mesure. Une pétition circule en ce moment pour lutter contre l’augmentation des frais de santé, d’autres actions restent à venir ».

Dur dur d’être étudiant

Mais les professionnels défendent corps et âme la réforme parlementaire. Situé boulevard Cimiez, le Dr Morand s’indigne: « Arrêtons de raconter des bêtises ! Cela fait 40 ans que l’État dépense sans compter dans la sécurité sociale. Le système de santé français demeure très avantageux pour les étudiants par rapport aux pays étrangers  ». Le docteur ajoute : « Je suis sidéré de voir les jeunes acheter un Iphone plutôt que de prendre soin d’eux-mêmes  ».

Du côté des mutuelles étudiantes, leur bonne santé devient préoccupante. Florent, responsable académique à la MEP affirme « Cette décision ne concerne pas directement les étudiants, ceux-ci seront toujours assurés. En revanche, notre budget va baisser, des postes seront supprimés. Il y aura des retards dans les remboursements ». Les projets du jeune homme tombent à l’eau : « Je voulais accentuer la prévention dans les lycées et les cités universitaires mais j’organise seulement 20 soirées préventives cette année contre 30 l’année dernière. Une deuxième réforme mettrait à mal les jeunes déjà en difficulté  ».

Marie Piat et Coralie L’Enfant