Allez-vous mettre votre masque de clown ?

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Nadia Povigna, gérante de Boulevard de la fête refuse de vendre des déguisements de clown. (© J.W.)
Nadia Povigna, gérante de Boulevard de la fête refuse de vendre des déguisements de clown. (© J.W.)

Rupture de stocks ou rejet des tenues de clown pour la veille de la Toussaint : à Nice, le constat est différent selon les magasins de location et de ventes de costumes.

Ils sont de plus en plus nombreux à envahir la France. Depuis quelques semaines, les « clowns menaçants » s’amusent à semer la terreur dans les rues. La ville de Nice n’a pas été épargnée par ce phénomène venu tout droit des États-Unis. Mardi dans l’après-midi, quatre adolescents âgés de 12 à 15 ans et munis d’une fourche, ont fait peur aux automobilistes dans le quartier de Gairaut.

À quelques jours d’Halloween, certains seraient-ils tentés par cette mascarade ? Jacques Gaborit, patron du magasin de déguisements Center Fêtes, en est certain: « La polémique a permis de vendre plus de costumes de clown ». Cette semaine, il a constaté une « énorme augmentation » quant aux ventes de ces déguisements spécifiques. Selon lui, les clients à avoir acheté des masques de clown « sont principalement des adolescents de quinze ans ». Lors de la première livraison, « nous n’avions plus rien en fin de journée ». Depuis, Jacques Gabarit ne cesse de commander des modèles, mais cela ne suffit pas.

Seulement trois costumes de clown vendus chez Fiesta Folie's. (© J.W.)

Julie Miniere, responsable de Festival, un magasin d’articles de fêtes, a également observé une hausse de 10% des ventes de costumes ou d’accessoires de clown. « Ce sont surtout une vingtaine de masques qui sont partis, remarque-t-elle, et c’est certainement lié à la polémique ».

« Deux personnes sur cinq viennent acheter du maquillage en vue de se déguiser en clown », révèle Laura. Cette employée à Azur Fêtes n’est pas une adepte de ce camouflage : « Avec ce qu’il se passe en ce moment, c’est un peu de mauvais goût et il y a de meilleures solutions pour faire peur ».

Un effet de mode?

« Les personnes qui ont acheté un costume de clown ne me semblent pas du tout avoir pour objectif d’aller effrayer les gens », estime Jacques Gaborit.

D’après lui, ce serait plutôt un effet de mode : « Dès que les médias parlent de quelque chose, cela influence les gens ». Un exemple concret ? « On parle beaucoup de la sortie du film Star Wars en 2015 et, inévitablement, nos ventes de costumes en rapport avec ce sujet sont très importantes », explique-t-il avant de conclure : « le clown, c’est pareil ».

Une hausse de 10% des ventes de costumes et d'accessoires de clown a été observée chez Festival. (© J.W.)

Dans son magasin, certaines précautions sont de mise. Depuis une dizaine de jours, le commerçant briefe son personnel : « On ne peut pas vendre des clowns à n’importe qui ». Lorsque des clients souhaitent acheter ces déguisements, le patron de Center Fêtes va personnellement discuter avec eux afin de savoir « à qui ils sont destinés ».

Un rejet ?

« Nous n’avons vendu que trois modèles de clown », révèle Hervé Gonzalez, responsable de Fiesta Folie’s. D’après lui, les gens préfèrent ne pas mettre ce genre de costumes de peur de se faire interpeller par la police le 31 octobre.

De son côté, Nadia Povigna, gérante de Boulevard de la fête, a banni tout costume de clown dans son magasin. « Déjà qu’en règle générale, cela n’a plus vraiment de succès et vu la polémique, nous avons choisi de ne pas en vendre cette année », résume-t-elle.

Julie Wagner