Alice Fougeray a le football freestyle dans la peau

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crédit photo: studio one photography

Alice Fougeray, jeune niçoise de 19 ans, porte haut les couleurs de Nice et de la France. En septembre 2013 elle a décroché le titre de vice-championne du monde de football freestyle à Tokyo. Déterminée à vivre de sa passion, elle espère remporter le titre « Red Bull street style » à Rio en 2014.  Mais tout n’a pas toujours été rose pour cette passionnée du ballon rond. Portrait.

Bandana sur la tête, ballon en main et maillot de l’OGCNice floqué avec son prénom, Alice arrive tout sourire. Le dialogue se met rapidement en place, on ressent rapidement la passion et la détermination qui entoure le personnage. Place à la démonstration : jonglage, aile de pigeon, blocage, tour du monde… Tout y passe mais à chaque appui on remarque une grimace, les traits du visage se crispent. Rien cependant ne semble l’arrêter sauf que…

Février 2010, une date qu’Alice Fougeray n’oubliera jamais. Alors qu’elle évolue au sein de la section féminine de l’OGCNice, Alice se blesse gravement, fracture ouverte et six mois d’arrêt. Sa vie bascule, celle qui voulait faire carrière dans le football voit toutes ses illusions s’effondrer, sa cheville ne s’en remettra jamais. « Aujourd’hui j’ai de l’arthrose et je ne peux pas faire de long effort » avoue Alice d’un air dépité. Après une rééducation ponctuée de haut et de bas, la Niçoise n’a qu’une chose en tête : renouer avec le « cuir », mais pas sur les terrains. L’ancienne joueuse du Gym se tourne vers une forme plus spectaculaire et artistique du football, le freestyle.

Le Football freestyle comme « résurrection »

 Cette jeune fille qui a « découvert le football avec Zidane » comme elle  le confesse découvre sur internet les acrobaties des « Joga Bonito », les premières personnes à exposer le football freestyle aux yeux du monde. Déjà très à l’aise techniquement à l’époque de l’OGCNice, Alice s’essaie a cette discipline, « en regardant les différentes vidéos je me suis appropriée certaines techniques pour les reproduire » avoue-t-elle. C’est sur les pavés de la place Masséna à Nice qu’elle peaufine et règle son « show ». Entre préparation du bac STG et entrainements, Alice jongle avec ses activités. Le football freestyle sonne comme une « résurrection » pour cette acharnée de travail. Une fois le bac en poche, elle se donne corps et âme à son sport. Elle participe à ces premiers championnats du monde à Lecce en 2012, premiers contacts avec le haut niveau et une honorable 6ème place. Mais selon elle « ces championnats du monde sont un échec ».

La consécration et le souhait de vivre de sa passion

Après cette première expérience Alice quitte tout pour que sa passion devienne sa profession. Sa vie tourne désormais autour du ballon, c’est elle-même qui le dit : « C’est un véritable mode vie, je m’entraîne, réfléchis a de nouveaux gestes, je fais ma promotion, le football freestyle c’est ma vie ». Et le résultat est payant, celle qui s’est tatouée « football freestyle » sur les côtes termine vice-championne du monde en septembre dernier à Tokyo. C’est une consécration et  « une revanche sur la vie » précise-t-elle. Aujourd’hui, les sponsors et les marques s’intéressent à elle. Elle est même devenue marraine de l’association Adrien, qui vient en aide aux enfants hospitalisés, en compagnie du footballeur Eric Bauthéac  et de la volleyeuse Victoria Ravva. Seule ombre au tableau, elle qui a tant attiré les regards sur la place Masséna est devenue indésirable aux yeux de la police. Mais rien n’enrayera sa marche en avant : prochain objectif, remporter en 2014 les championnats du monde à Rio au Brésil, la patrie du football freestyle. Et avec pour objectif de signer un contrat avec la célèbre marque de boisson Red Bull, organisatrice de l’évènement, et enfin pouvoir vivre de sa passion.

 Alice Fougeray en quelques dates…

Vidéo : Portrait Alice Fougeray

Nicolas Descalis

Crédit photo: Studio One Photography