Aillagon : la GPA allumerait «un incendie supplémentaire»

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Jean-Jacques Aillagon, ancien ministre de la Culture, a profité de sa présence à l’Assemblée organisée par Marianne sur le thème de « l’argent et l’éthique » pour revenir sur le débat du mariage pour tous. Une véritable avancée qui, pour lui, ne doit pas se traduire dans les mois à venir par une légalisation de la GPA.

«Satisfait ». Jean-Jacques Aillagon est « satisfait » que la France ait ouvertement débattu du mariage entre personnes du même sexe. Mais l’ancien ministre de la Culture élu président des Arts décoratifs, jeudi 14 février, regrette les dérives et le « caractère caricatural avancé par les détracteurs du mariage pour tous ». Pour lui, cette fermeture d’esprit des antis s’explique aisément : « Le fanatisme tient de la bêtise qui tient elle-même de l’ignorance ». Les camarades de Frigide Barjot apprécieront. Les voilà habillés pour l’hiver.

Pour Jean-Jacques Aillagon, ces derniers n’ont tout simplement pas compris ce qui se jouait avec le mariage pour tous. Après le droit au divorce, l’acceptation des enfants dits illégitimes, le Pacs, l’institution du mariage étendue aux couples de même sexe serait « un pas supplémentaire, et nécessaire vers l’acceptation et la normalisation de la condition homosexuelle ». Une acceptation d’autant plus urgente que « dans certains pays, rappelle-t-il, l’homosexualité est toujours vue comme un crime passible du châtiment ultime :  la peine de mort. Il y a une persécution, une censure morale à laquelle il faut mettre fin ». Jean-Jacques Aillagon estime que ce processus d’évolution doit partir des démocraties. Et la patrie des Lumières aurait eu raison d’être en première ligne.

Pourtant,  il y a quelques années encore, la France voyait aussi l’homosexualité comme une maladie. L’ancien ministre en a fait les frais. Après avoir fait son coming out dans les années 1970, il suit un traitement médical. « A l’époque les médecins pensaient encore que cet état était un état maladif, qu’il fallait le traiter. Si j’ai dévoilé cet aspect de ma vie privée, c’est pour rappeler que nous venions de très loin ».

Certains pros-mariage pour tous estiment que le bout du chemin n’est pas encore atteint. Il leur faudrait maintenant obtenir le droit à la procréation médicalement assistée et, même, la gestation pour autrui. Pour Jean-Jacques Aillagon, la PMA est une revendication légitime. Mais en ce qui concerne la GPA, c’est une toute autre histoire : « Il faut arrêter ce processus, ne pas allumer un incendie supplémentaire ».

Clarine Baudin