Aillagon en mode « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil »

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On le dit « humaniste ». Jean-Jacques Aillagon l’est vraiment. Trop peut-être ? L’ancien ministre de la Culture de Jacques Chirac pourrait se montrer dur avec la politique culturelle du gouvernement actuel. Pourrait, seulement. Car à l’entendre parler, on l’imagine volontiers en suppléant de Najat Vallaud-Belkacem dans son rôle de porte-parole du gouvernement.

Aurélie Filippetti ? Au PS, elle n’a pas que des amis. Mais avec Jean-Jacques Aillagon, elle dispose d’un fidèle soutien sur l’autre rive de l’échiquier politique. Lui, l’ancien ministre de Chirac n’a aucune envie de lui tirer dans les pattes.

Après plus de six mois à la tête du ministère de la Culture, elle n’a pas encore dévoilé ses projets pour l’année 2013. Mais Jean-Jacques Aillagon ne s’en inquiète pas. Il trouve ce « temps d’observation » tout à fait naturel. D’ailleurs, cette Filippetti qui a grandi avec pour horizon les terrils de Meurthe-Moselle, il la trouve « extrêmement courageuse car elle assume ses choix ». Mais lesquels ? Ceux d’avoir exécuté docilement les ordres de Matignon ?

Car le ministère de la Culture doit réaliser 67 millions d’économie en plus des 4,3 % de baisse du budget pour l’année. « Cet effort d’économie ne me semble pas scandaleux », confie-t-il. Ces coupes draconiennes sont censées préserver les priorités du gouvernement, explique-t-il en substance. Et il ne dira jamais que le ministère de la Culture sous Hollande est maltraité.

Même l’accord entre Google et les éditeurs de presse français trouve grâce à ses yeux : « Je me réjouis qu’ils soient arrivés à s’entendre ». Pour 60 millions d’euros, on vient de brader les droits d’auteur des journaux en ligne, mais ça n’a pas l’air de le déranger plus que de raison.

Un autre socialiste devrait l’agacer. Mais non, toujours non, Aillagon reste imperturbable. Jack Lang à l’Institut du monde arabe, « ça lui en touche une, comme disait son cher Chirac, sans faire bouger l’autre » : « Je crois qu’il souhaite se consacrer pleinement à sa mission de président de l’Institut du monde arabe et qu’il le fera avec beaucoup de talent, comme tout ce qu’il fait ».

Jean-Jacques Aillagon, lui aussi, a un véritable talent : ne chiffonner personne. Ce retraité de la politique aurait-il perdu goût à la joute verbale et aux querelles partisanes ? Peut-être s’est-il juste assagi… En tous les cas, un horizon douillet l’attend Rue de Rivoli. Depuis hier, jeudi 14 février, il préside l’Association des Arts Décoratifs…

Cyrielle Dagueneau