Accidents vasculaires cérébraux : comment les limiter ?

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Chaque année, 130 000 personnes sont victimes d’un Accident Vasculaire Cérébral (AVC) en France. Un AVC ne peut pas être évité, mais il peut être limité en le prenant rapidement en charge.

Dans l’Unité de Neuro-Vasculaire (UNV) du CHU St-Roch de Nice, le docteur Laurent Suissa et son équipe accueille 1500 victimes par an. « Toutes les personnes du département qui ont subi un AVC passent par chez nous » explique-t-il. La prise en charge doit être rapide afin que l’équipe puisse mettre en place un processus de revascularisation. 4H30, c’est le délai maximum de prise en charge d’un AVC, avant qu’il ne devienne irréversible. Le docteur donne les clefs pour traiter rapidement un AVC. « Quand une personne sent qu’elle a du mal à parler, que sa vue se trouble, ou que ses capacités à se déplacer deviennent compliquées, il faut absolument qu’elle contacte le 15 pour qu’elle soit transportée d’urgence à l’hôpital ». Une fois sur place, le patient sera soumis à plusieurs examens neurologiques (IRM, scanners) et à des tests psychomoteurs.

Quelles sont les règles à suivre ?

Les publicités recommandent de consommer cinq fruits et légumes par jours et de ne manger ni trop gras ni trop sucré ni trop salé. « On entend quotidiennement ce message, mais personne ne le suit vraiment » déplore le médecin. Les excès de sucre et de graisse favorisent le diabète et le cholestérol et augmentent la tension artérielle. « Un effet domino qui peut conduire à un AVC », poursuit le neurologue. Un AVC touche généralement les personnes âgées et surtout les femmes. Mais ce phénomène peut arriver à n’importe quel âge. « De plus en plus de jeunes sont admis à l’UNV » continue Laurent Suissa.

Josette Malamaire a 68 ans. Elle a fait un AVC le 22 février 2014 dans son sommeil. Sa prise en charge a été rapide, mais malgré les séances de kinésithérapie et d’orthophonie, elle n’a absolument rien récupéré. Totalement paralysée du côté droit de son corps, elle ne quitte plus sa chaise roulante. La septuagénaire s’exprime très difficilement. Sa sœur parle pour elle « On ne sait pas comment cet AVC est arrivé. Josette aimait bien manger des pâtisseries, mais elle voyait son médecin traitant une fois par semaine, on aurait dû s’en rendre compte qu’il y avait un risque », explique-t-elle, triste. « Ma sœur ne pourra plus jamais marcher, parler, ou s’occuper d’elle toute seule. Elle est suivie par un kiné et une orthophoniste, mais elle ne récupère pas. Elle a été prise en charge beaucoup trop tard ».

Dans son bureau, le médecin Laurent Suissa continue d’insister sur la nécessité d’agir rapidement lors d’un AVC « le temps joue en la défaveur du malade, et comme dans le cas de madame Malamaire, lorsque l’AVC n’est pas pris en charge immédiatement, il est bien souvent trop tard ».

Un AVC, c’est quoi ?

Un Accident Vasculaire Cérébral est un déficit neurologique dû à un infarctus ou à une hémorragie dans le cerveau. C’est généralement une artère qui est bouchée ou qui explose, ou encore un caillot de sang qui vient se loger dans le cerveau. Une personne qui subie un AVC peut avoir des pertes de la motricité, de la sensibilité, de la vue, des troubles du langage, mais aussi des pertes de connaissance ou un décès.

 Violette Salle