Accessibilité à la gare de Nice-Riquier : le combat continue

0
48
Président du Comité de Défense des Quartiers Riquier-Barla-Republique-Risso

Serge Amato est président du Comité de Défense des Quartiers Riquier, Barla, République et Risso à Nice, depuis maintenant 4 ans. Bénévole engagé, il exige aujourd’hui que l’accès à la gare Riquier soit enfin possible à tous. Retour sur son combat de longue haleine.

Quelles sont vos revendications par rapport à la gare ferroviaire Riquier ?

C’est une bataille du rail. Il faut savoir que la gare de Riquier est l’une des gares les plus importantes de la région. Chaque jour c’est entre 5000 et 10000 usagers. Pourtant, la gare n’est pas accessible à tous. Il existe une carence en équipements fondamentaux pour le confort et la sécurité des voyageurs. Elle a été bâtie en 1882, et peu de changements ont été enregistrés depuis tout ce temps. La gare de Nice Riquier est vétuste.

Pourtant des travaux ont déjà été réalisés l’année dernière ?

En effet, le Comité de Quartiers et ladite délégation ont permis de décider et d’accomplir des travaux légers. Façade, peintures extérieures, guichets, ou même désamiantage, des rénovations en surfaces très appréciables mais pas suffisantes ont ainsi été réalisées. Hélas, cela ne résout en rien l’absence d’équipements d’accès pour les personnes handicapées, les mères de familles ou encore les personnes âgées.

Concrètement quels équipements manquent-ils à la gare Riquier ?

La gare est dans un état lamentable. Il n’y a pas de WC, pas d’escalators, pas d’ascenseurs. Et en plus, elle est construite dans une courbe. Le train est donc penché et pour réussir à mettre un pied à l’intérieur c’est plutôt laborieux. Car en fait, la distance entre la hauteur des quais et la marche du train est de 50 à 60 cm environ et cela, dans les deux sens de circulation. Donc l’accès des usagés aux wagons est sérieusement compromis. Il faut ainsi engager des travaux beaucoup plus lourds pour l’équiper entièrement.

Quelles sont vos actions pour parvenir à vos fins ?

Ça fait plus de 10 ans que le Comité de Quartier se bat pour cette gare. L’ancien président a lutté pour que la gare ne soit pas déplacée. En se mobilisant, il a réussi à faire reculer les autorités supérieures qui souhaitaient son déplacement. Aujourd’hui, je poursuis ce combat à travers diverses actions, comme le rassemblement citoyens, les pétitions, où l’on a recueilli plus de 3000 signatures, la distributions de tracts, l’affichage sur le secteur, la prise de parole… Le pire, c’est que l’on a le soutien d’associations comme les paralysés de France, de la Mairie de Nice, de la région PACA et même le Ministère des transports à Paris approuve le projet. Mais c’est au niveau de la SNCF que ça bloque.

Pourquoi ?

Le coût avant toutes choses. Mais c’est surtout un dossier compliqué, où différents acteurs sont en jeu. Le Ministère des Transports a proposé de résoudre le problème mais seulement dans les 10 prochaines années. Ça m’a fait doucement rire. C’est pour ça que l’on se mobilise encore plus. On fait également beaucoup de forcing auprès du Conseil Régional PACA pour que le projet s’accélère. D’ailleurs la prochaine rencontre aura lieu le 17 décembre prochain.

Pensez-vous que les gens se sentent vraiment concernés par le projet ?

Au départ quand on procède à la distribution de prospectus, les gens ne réagissent pas forcément, surtout les jeunes. J’aimerais qu’ils y prêtent plus attention. Mais quand les gens ont le temps, on prend quelques minutes pour leur expliquer les raisons de notre mécontentement. Et souvent, ils sont scandalisés. Alors, certes, ils sont résignés car ça dure depuis trop longtemps mais au moins ils sont en colère. Ça prouve que ça les touche un minimum.

Quels autres projets ont déjà abouti grâce à votre Comité ?

Nous avons pu sauver le centre Constanzo de la démolition l’année dernière. Une véritable victoire pour le quartier et surtout le devoir de mémoire. Ce centre a une histoire c’est une ancienne fondation. Le bâtiment a été construit au début du XXème siècle. On ne pouvait pas le détruire. Donc on s’est mobilisés jour et nuit. On a guetté les pelleteuses. On avait accroché des banderoles et des prises de paroles en public ont été organisées. Voilà pourquoi je ne baisse pas les bras pour la gare de Riquier.

Pourquoi être président du Comité De Défense des Quartiers vous tient-il tant à cœur ?

Je ne peux pas être seulement un spectateur. Si on ne fait rien, c’est un échec alors il faut agir. Avant, je n’habitais pas ce quartier mais j’étais quand même engagé. Alors arrivé ici, il y a maintenant 10 ans, j’ai été sollicité par les habitants pour représenter le quartier Riquier. C’est un travail d’équipe avec mes délégués de chaque zone. Ils me font remonter les informations et revendications. J’apprends énormément des personnes qui m’entourent. Je me dois d’agir pour les 15 000 habitants présents dans mon secteur. Je suis même à l’initiative d’un journal trimestriel. Cela représente entre 500 et 1000 exemplaires dont 200 adhérents. Ma véritable volonté c’est de résister pour que le quartier ne devienne pas comme certains autres une zone de non-droits, et demeure dans un esprit de village.

Caroline Fayolle