A Nice, le Musée national du sport fait débat au conseil municipal

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A dix jours de la livraison du Musée national du sport, la ville de Nice doit trouver 4,5 millions d’euros de financement.

En mai 2010, un protocole d’accord était signé entre l’État et la municipalité. Le texte prévoyait le financement, par l’État, du déménagement du Musée national du sport de Paris à Nice. Petit problème : le Gouvernement a changé de bord et crise oblige ; les ministères se serrent la ceinture. En juin dernier, la ministre des Sports, Valérie Fourneyron, indique ne pas pouvoir financer le projet. Marche arrière toute !

Christian Estrosi « subit le calendrier du Gouvernement »

Ce jeudi se tenait le dernier conseil municipal de la cinquième ville de France. A l’ordre du jour : le budget primitif, les logements sociaux, l’écologie mais le Musée national du sport, lui, n’apparaît nulle part. Pourtant Christian Estrosi (député-maire UMP) a fait une entrée en force. Il fait entrer sur le terrain, ce sujet qui n’était pas à l’ordre du jour. Aussitôt proposé, l’adversaire Patrick Allemand (Conseiller municipal PS) s’oppose. Il demande la mi-temps : « cinq minutes de réflexion ». Patrick Allemand et son groupe « changer d’ère » s’aèrent ! L’audience est suspendue. Coup de sifflet, c’est la reprise. Christian Estrosi « plaide, sans votre accord, rien n’est possible ». L’opposition accepte. Ravi, le député-maire de Nice va transmettre le dossier au préfet des Alpes-Maritimes chargé de rappeler les engagements du Gouvernement. Le Musée devrait être normalement livré, vide et sans fonction, au 31 décembre prochain. « Nous subissons le calendrier du Gouvernement » déplore Christian Estrosi.

Désamour, finances et trahisons …

Le match continue. La balle est à droite. 4,5 millions d’euros sont « à trouver ». Voilà qui demande un nouvel effort aux Niçois. Le député-maire est clair : « ce n’est pas aux contribuables niçois de payer », « ça ne coûterait que 0,0005 centime d’euros par contribuable français ».

Patrick Allemand à la défense tente de relancer le jeu en sa faveur : « le transfert n’était pas budgété ». Le socialiste rend le Gouvernement Sarkozy responsable de ce joyeux bazar et gratifie son « collègue » d’un « ne tirez pas trop sur l’arc, à force la corde risque de casser ».

« L’État nous doit ces 4,5 millions d’euros ». Christian Estrosi revient à la charge et déplore les restrictions imposées par l’État. « 40 000 enseignants de plus ? Pourquoi faire ? » lance-t-il. C’est la tôlée dans l’assemblée et le député-maire tempère : « Il faut financer et respecter les engagements d’un protocole signé en 2010 ». A l’heure du vote, seul Patrick Allemand s’abstient. Il faudra attendre le prochain Conseil municipal pour connaître l’issue de ce dossier.

Issam CHARHI