3 raisons de ne pas laisser vos enfants devant Youtube Kids

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CP: citymagazine

L’application Youtube kids propose du contenu adapté seulement aux enfants. Cette plateforme inclut un système de protection parentale bien rodé, où l’enfant ne peut pas décider toujours tout seul. Pourtant, des failles se présentent : des faux épisodes de dessins animés y sont diffusés, ainsi que de la publicité à gogo, et bien d’autres problèmes.

Des dessins animés calés sur les tendances youtube
Le gros problème de la plateforme, c’est l’algorithme youtube qu’elle contient. James Bridle, essayiste anglais, dénonce le fait que les tendances youtube incitent les créateurs à élaborer des vidéos parfois complètement inadaptées au jeune public, ou dénuées de sens. Pour attirer le plus de public et faire le plus de vues possibles, les chaines de vidéos essaient de rassembler le plus de mots clés. Celles-ci doivent donc répondre aux tendances youtube. Cela donne naissance à des vidéos du genre « Surprise Play Doh Eggs Peppa Pig Stamper Cars Pocoyo Minecraft Smurfs Kinder Play Doh Sparkle Brilho » explique le spécialiste anglais. Des vidéos grotesques et absurdes s’invitent donc sur la plateforme, avec par exemple, différents héros qui n’ont rien à faire dans le même épisode, ou encore des faux épisodes de séries populaires de dessins animés, qui peuvent se révéler traumatisant pour les enfants. Voici un épisode arpenté de screamers et de scénarios incongrus réunissant Spider man et la reine des neiges : https://www.youtube.com/watch?time_continue=797&v=uXjJdv5fj5k Youtube « recommande aux parents qui veulent une navigation plus restreinte de désactiver l’option de recherche dans l’appli » afin d’éviter que les enfants tombent sur du contenu inapproprié.

Peppa Pig, l’enfant terrible de Youtube Kids

Extrait d’un épisode non officiel de Peppa Pig. CP: l’Obs.

Ce dessin animé est un des plus populaires sur la plateforme. Le problème, c’est que de faux épisodes de Peppa Pig, la célèbre cochonne, sont disponibles sur l’application et sont de beaucoup moins bonne qualité que les originaux. Ils sont
aussi beaucoup plus trash et terrifiants pour les enfants. Ces répliques sont pourtant faites avec les mêmes décors et les mêmes personnages. Seulement le scénario est totalement différent, avec des péripéties toujours plus osées. La journaliste Laura June s’en est rendue compte un jour, alors qu’elle laissait sa fille regarder tranquillement sa sérié préférée. « J’entendais des bruitages inquiétants, des cris, ça ne sonnait pas comme la véritable peppa pig » raconte-t-elle. L’exemple le plus probant pour la journaliste est l’épisode erroné où le dentiste de Peppa lui plante une grosse seringue avec un rire sadique, couvrant les pleurs et les cris de la cochonne. Ces supercheries sont publiées par de faux comptes youtube, qui se font passer pour l’officiel. Le danger, c’est le cercle vicieux des recommandations youtube. Une fois que vous avez cliqué sur une mauvaise vidéo, vous allez être dirigé seulement sur de mauvaises vidéos.

L’influence de l’application sur les enfants
Des études prouvent que des dessins animés comme le précédent influencent le caractère des enfants en bas âge. S’ils sont trop exposés aux écrans, ils finissent par reproduire les mêmes faits et gestes que leurs supers héros, pas forcément bénéfiques pour les parents. Ceux-ci se plaignent que Peppa Pig apprend à leurs enfants à rejeter la nourriture qu’ils n’aiment pas par un « beurk », à se traîner dans la boue comme le fait l’héroïne. Le comportement « méchant » de la mammifère énerve les parents. Le psychologue Aric Sigman explique que « les enfants adoptent sans le vouloir le comportement de leurs supers héros ». Aussi, les publicités présentes au début des épisodes bourrent le crâne des jeunes fans. « A cause de youtube kids, les enfants sont conditionnés à la pub dès leur plus jeune âge », se plaint Justine Atlan, directrice de l’association e-enfants. Mais elles peuvent aussi être trop axées sur la mal nutrition. Des associations telles que CCFC (Campaign for a Commercial-Free Childhood) et CDD (Center for Digital Democracy) ont affirmé avoir vu une abondance de publicités pour des enseignes comme Coca Cola ou encore Burger King sur l’application, ce qui met en avant la consommation de « junk food » chez les enfants.

Milan Tinnirello